vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401719 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite, révélée par un courriel du 12 septembre 2023, par laquelle le préfet de police a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande et de lui remettre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, et ce jusqu'à la délivrance d'un titre de séjour ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il réside régulièrement en France depuis douze années, et que la décision attaquée le place dans une situation de précarité financière et administrative ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée, et a été adoptée sans examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, et des articles L. 433-4 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2401718 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. En l'espèce, si, pour établir l'urgence qui s'attacherait à la suspension de l'exécution de la décision attaquée, M. A soutient que cette décision le place dans une situation de précarité administrative et financière alors qu'il est régulièrement présent sur le territoire national depuis douze années, il ressort des pièces qu'il produit à l'appui de sa requête que son dernier titre de séjour expirait le 10 juillet 2019 et qu'il n'en a demandé le renouvellement que le 22 juin 2022, sans apporter aucun élément de nature à expliquer le délai écoulé entre ces deux dates. Il ressort en outre de ces mêmes pièces que, par une première décision du 26 mai 2023, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, motif pris du défaut de production d'une autorisation de travail, sans que l'intéressé établisse avoir contesté cette première décision, dont la décision attaquée du 12 septembre 2023 se borne à rappeler le contenu. En outre, et en tout état de cause, alors que la validité du dernier récépissé de sa demande de titre de séjour expirait le 20 mai 2023 et qu'il a été licencié le 30 juin 2023, M. A, qui est hébergé chez un tiers, établit avoir perçu régulièrement des revenus salariaux depuis l'année 2014, et n'apporte aucun élément sur sa situation financière, n'a saisi le tribunal de céans que le 23 janvier 2024. Il n'apporte ainsi pas les éléments nécessaires de nature à justifier l'urgence qui s'attacherait à la suspension de l'exécution de la décision attaquée dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur sa légalité.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A apparaît manifestement mal fondée. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 2 février 2024.
Le juge des référés,
J. C
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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