jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2401840 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2024, la société Sorehco, représentée par Me Serrano-Bentchich, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 23 janvier 2024 par laquelle l'École nationale supérieure de chimie de Paris a rejeté son offre, et le cas échéant, la décision d'attribution du marché y afférente à la Société ANACLOS ayant pour objet des travaux de construction du bâtiment central Cour Ouest de l'école - Lot n° 5 " Menuiseries intérieures - cloisons sèches - revêtements de sols - serrurerie - peinture " ;
2°) d'annuler la procédure de passation de ce marché public ;
3°) d'enjoindre à l'École nationale supérieure de chimie de Paris de se conformer à ses obligations de publicité et de mise en concurrence ;
4°) de mettre à la charge de l'École nationale supérieure de chimie de Paris une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, l'École nationale supérieure de chimie de Paris conclut au non-lieu à statuer sur la requête dès lors qu'elle a déclaré sans suite la procédure de passation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Chapalain, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport.
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". L'article L. 551-2 de ce code dispose que : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".
2. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
3. Il résulte des dispositions citées plus haut de l'article L. 551-1 du code de justice administrative que les pouvoirs conférés au juge administratif, en vertu de la procédure spéciale qu'elles instituent, ne peuvent être exercés ni après la conclusion du contrat ni lorsque le pouvoir adjudicateur décide, pour un motif d'intérêt général, de ne pas donner suite à la procédure de consultation.
4. Il résulte de l'instruction que, le 5 février 2024, postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'École nationale supérieure de chimie de Paris a déclaré sans suite la procédure en litige. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur la demande de la société Sorehco présentée devant le juge du référé précontractuel.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'École nationale supérieure de chimie de Paris la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Sorehco et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Sorehco.
Article 2 : l'École nationale supérieure de chimie de Paris versera la somme de 1 500 (mille cinq cents euros) euros à la société Sorehco.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Sorehco, à l'École nationale supérieure de chimie de Paris et à la société Anaclos.
Fait à Paris, le 8 février 2024.
Le juge des référés,
M.-O. A
La République mande et ordonne au ministre chargé de l'enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.