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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2401879

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2401879

vendredi 26 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2401879
TypeOrdonnance
Avocat requérantSEMAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Semak, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à venir, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à lui-même.

Il soutient que :

- l'urgence de sa situation est avérée dès lors que, par un jugement n°2314696/1-1 du 20 septembre 2023, le tribunal de céans a annulé l'arrêté du 5 avril 2023 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a enjoint de lui délivrer dans un délai de deux mois un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et que, malgré de multiples relances, il n'a pu bénéficier du titre en cause ni du renouvellement de son récépissé après le 12 janvier 2024 ;

- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable et à son droit au travail.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie.

2. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure particulière instituée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Par un jugement n° 2314696/1-1 du 20 septembre 2023, le tribunal a annulé l'arrêté du 5 avril 2023 par lequel le préfet de police a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour et lui a enjoint de lui délivrer dans un délai de deux mois un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". En exécution de ce jugement, l'intéressé a été muni d'une autorisation provisoire qui a expiré le 12 janvier 2024. M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

4. Pour justifier de l'urgence, M. A fait état de l'expiration de la validité du récépissé l'autorisant à travailler qui lui avait été délivré ainsi que de ses démarches répétées auprès des services de la préfecture pour obtenir son renouvellement. Toutefois, d'une part, alors que le récépissé délivré par le préfet de police l'autorisant à travailler expirait le 12 janvier 2024, le requérant a attendu le 26 janvier 2024 pour introduire la présente requête et s'est par suite mis lui-même dans la situation d'urgence qu'il déplore. D'autre part, il n'apporte aucun élément quant à sa situation financière qui justifierait une intervention juridictionnelle dans un délai de quarante-huit heures, alors, notamment, qu'il ressort du jugement du 20 septembre 2023 susmentionné qu'il réside chez sa mère. Enfin, il appartient par principe au justiciable bénéficiaire d'un jugement non exécuté par l'autorité administrative d'introduire une action sur le fondement des dispositions des articles L. 911-4, R. 921-1-1 et R. 921-2 du code de justice administrative. M. A, qui aurait pu, eu égard à l'urgence alléguée de sa situation, introduire une telle action à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du jugement du 20 septembre 2023, soit le 20 décembre 2023, ne justifie pas de l'exercice d'une telle action ni n'invoque aucun élément qui aurait fait obstacle à cet exercice.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'aide juridictionnelle, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Semak.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 26 janvier 2024.

Le juge des référés,

J. SORIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9

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