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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2401927

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2401927

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2401927
TypeOrdonnance
Avocat requérantFALALA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024, Mme B A, agissant en son nom personnel et comme représentante légale de sa fille mineure Mlle C, représentée par Me Djemaoun, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner à la Ville de Paris de leur proposer un hébergement d'urgence pérenne, adapté et assorti d'un accompagnement social au titre du 4° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles ou du 3° de l'article L. 221-1 du même code, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'ordonner au préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris, de prendre en charge leur hébergement effectif d'urgence de manière pérenne, adaptée et assortie d'un accompagnement social, au titre des articles L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles ;

4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris ou de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet ou, en cas de rejet de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la somme.

Elle soutient que :

- dès lors qu'elle est à la rue, depuis le 22 janvier 2024, avec sa fille mineure âgée de treize mois, la condition d'urgence est remplie ;

- la carence caractérisée de la Ville de Paris et de l'Etat porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit à un hébergement d'urgence qui est une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 et 29 janvier 2024, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la carence de l'Etat n'est pas caractérisée vu la saturation de l'accueil en hébergement d'urgence et la faiblesse des justificatifs de situation produits ;

- la requérante a signé le 15 janvier 2024 une notification à se présenter à un hébergement pour demandeurs d'asile le 25 janvier 2024, émanant de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 29 janvier 2024 en présence de Mme Dupouy, greffière d'audience, M. Sorin a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Djemaoun, représentant la requérante, qui persiste dans ses conclusions initiales par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Gorce, représentant le préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris, qui persiste dans ses conclusions initiales par les mêmes moyens et soutient en outre que, la requérante et sa fille ayant été hébergées à compter du 25 janvier 2024, soit antérieurement à l'introduction de la présente requête, celle-ci est irrecevable.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Une note en délibéré présentée par la Ville de Paris a été enregistrée le 29 janvier 2024.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 15 janvier 2024 remise en mains propres à Mme B A le même jour, l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a invitée à se présenter au centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile de Créteil le 25 janvier 2024 dans le cadre du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, soit antérieurement à l'introduction de la présente requête. Si, au cours de l'audience, l'intéressée a soutenu n'avoir pas été informée de cette invitation, elle a elle-même signé la décision en cause, et ne saurait par suite sérieusement soutenir n'avoir pas été régulièrement informée de l'hébergement ainsi proposé. Il résulte de ce qui précède que, disposant d'un hébergement antérieurement à l'introduction de la requête, celle-ci est irrecevable et ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à la Ville de Paris et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Fait à Paris, le 29 janvier 2024.

Le juge des référés,

J. SORIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2328132/9

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