vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402001 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | LE FOYER DE COSTIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2024, M. et Mme B C, agissant tant en leur nom propre qu'en tant que représentants légaux de leur enfant mineur, Mme A C, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 22 janvier 2024 par laquelle le recteur de l'académie de Paris a affecté leur fille A C en classe de première générale au lycée Turgot à Paris 75003, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de procéder au changement d'orientation leur fille A en classe de première " Sciences et Technologies de Management et de Gestion " (STMG) ou, à défaut, de réexaminer sa situation de manière régulière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que leur fille est en cours de deuxième trimestre en classe de première et qu'elle doit réaliser les épreuves anticipées du baccalauréat se déroulant en fin d'année scolaire, dans un contexte psychologique fragilisé médicalement constaté, ce qui pourrait nuire à ses chances de réussir ces épreuves et à son état de santé.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle a méconnu l'article L.242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le recteur de l'académie de Paris conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'une nouvelle décision, en date du 2 février 2024, a confirmé l'affectation de Mme A C en classe de première STMG.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 janvier 2024 sous le numéro 2402006 par laquelle
M. et Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 6 février 2024 en présence de Mme Ramphort, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu les observations de Me Fouret pour M. et Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont les parents et représentants légaux de Mme A C, née le 18 février 2007 et scolarisée en classe de première générale au lycée Turgot à Paris (75003). Ces derniers ont effectué, pour leur enfant, une demande de réorientation en classe de première STMG. Par une décision du 12 janvier 2024, le recteur de l'académie de Paris a affecté Mme A C en classe de première STMG au lycée Elisa Lemonnier à Paris (75012), puis s'est rétracté par une décision du 22 janvier 2024 réaffectant Mme C en classe de première générale au lycée Turgot. Par la présente requête, les requérants demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 22 janvier 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la Secrétaire générale de l'académie de Paris a confirmé par courrier, en date du 2 février 2024, que Mme A C était bien affectée en classe de première STMG au sein du lycée Lemonnier (75012), comme souhaité par les parents. Cette nouvelle décision remplace la décision d'affectation du 22 janvier 2024.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête présentée par M. et Mme C sont devenues sans objet et qu'il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. et Mme C.
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme C la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B C et au recteur de l'académie de Paris.
Fait à Paris, le 9 février 2024
Le juge des référés,
B. D
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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