mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402231 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | MALLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2024, M. D A, représenté par Me Mallet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 23 novembre 2023 par lesquelles le préfet de police lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;
- elle méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet de police, représenté par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une lettre du 5 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d'office tiré de ce que le préfet de police a commis une erreur de droit en appliquant l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la délivrance d'un titre portant la mention " salarié " à un ressortissant sénégalais, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée de l'article 5 de la convention signée le 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal, relative à la circulation et au séjour des personnes et de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant,
- la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal,
- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code du travail,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Deniel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 25 août 1992, est entré en France le 8 octobre 2018 sous couvert d'un visa de type D puis a bénéficié successivement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 23 novembre 2020 au 22 novembre 2021, d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " valable du 19 janvier 2022 au 18 janvier 2023 et d'un titre de séjour portant la mention " salarié " valable du 29 juillet 2021 au 28 juillet 2023, dont il a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 23 novembre 2023, le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation au signataire de la décision attaquée, M. C B, attaché d'administration hors classe de l'Etat, placé sous l'autorité de la cheffe du pôle de l'instruction des demandes de titre de séjour, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, au titre desquels figurent les refus de séjour, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires désignés, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé la décision en cause. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de M. A préalablement à l'édiction de la décision attaquée.
5. En quatrième lieu, d'une part, les stipulations de la convention du 1er août 1995 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes ainsi que celles de l'accord du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires, telles que modifiées par un avenant signé le 25 février 2008, s'appliquent aux ressortissants sénégalais. L'article 13 de cette convention stipule : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux États sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". L'article 6 de la même convention stipule que : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle () doivent être munis du visa de long séjour prévu à l'article 4 après avoir été autorisés à exercer cette activité par les autorités compétentes de l'Etat d'accueil ". L'article 5 de la même convention stipule : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent (), pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : / () 2. D'un contrat de travail visé par le Ministère du Travail dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil ". Aux termes du paragraphe 321 de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié par l'article 2 de l'avenant du 25 février 2008, entré en vigueur 1er août 2009 : " () La carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", d'une durée de douze mois renouvelable, ou celle portant la mention "travailleur temporaire" sont délivrées, sans que soit prise en compte la situation de l'emploi, au ressortissant sénégalais titulaire d'un contrat de travail visé par l'Autorité française compétente, pour exercer une activité salariée dans l'un des métiers énumérés à l'annexe IV. Lorsque le travailleur dispose d'un contrat à durée déterminée, la durée de la carte de séjour est équivalente à celle du contrat. Lorsque le travailleur dispose d'un contrat à durée indéterminée, la carte de séjour portant la mention "salarié" devient, selon les modalités prévues par la législation française, une carte de résident d'une durée de dix ans renouvelable. () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 433-6, l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "salarié" et qui est titulaire d'une carte de séjour délivrée pour un autre motif bénéficie d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention demandée lorsque les conditions de délivrance de cette carte sont remplies. A l'expiration de la durée de validité de cette carte, s'il continue à en remplir les conditions de délivrance, il bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention. Lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'une première carte de séjour pluriannuelle dans les conditions prévues au présent article, il doit en outre justifier du respect des conditions prévues au 1o de l'article L. 433-4. ".
7. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance qu'il ne remplissait plus les conditions prévues par l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'inscrit à Pôle emploi depuis le mois d'avril 2023, il n'exerçait plus d'activité professionnelle à la date de l'arrêté attaqué et qu'au surplus, il avait changé d'employeur avant le renouvellement de son premier titre de séjour délivré en qualité de salarié.
8. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, les dispositions précitées de l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui fixent les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée, sont inapplicables aux ressortissants sénégalais, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-sénégalais, au sens de l'article 13 de la convention du 1er août 1995 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal. Le préfet de police ne pouvait donc légalement se fonder, pour prendre la décision portant refus de titre de séjour attaquée, sur les dispositions de cet article L. 421-2. Toutefois, il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée des stipulations de l'article 5 de la convention du 1er août 1995 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal, dès lors que le préfet de police dispose du même pouvoir d'appréciation et que cette substitution n'a pour effet de priver le requérant d'aucune garantie procédurale.
9. En l'espèce, si M. A justifie avoir exercé jusqu'au 30 novembre 2022 en qualité d'agent d'entretien au sein de la société Onepi puis, du 2 décembre 2022 au 31 janvier 2023, en qualité d'agent de gestion au sein de la société Tout en Un et, enfin, en qualité de réceptionniste au sein de la société immobilière Auteuil Mirabeau du 1er mai au 13 juin 2023, date à laquelle il a été mis fin à sa période d'essai à l'initiative de l'employeur, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il exerçait une activité professionnelle à la date de la décision attaquée. Dès lors, le préfet n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 5 de la convention du 1er août 1995 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail ". L'article L. 5422-1 du code du travail dispose que : " I. Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure () ".
11. M. A soutient qu'il a été involontairement privé d'emploi et que son titre de séjour aurait dû être prolongé en application des dispositions précitées de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il résulte des stipulations citées au point 5 que la situation des ressortissants sénégalais désireux d'obtenir une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " est régie par les seules stipulations de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise à l'exclusion des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A ne peut utilement soutenir que ces dispositions dont, au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles constituaient le fondement de sa demande de titre de séjour, ont été méconnues.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
13. M. A soutient qu'il est entré régulièrement en France en 2018, qu'il a bénéficié successivement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi " puis d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", qu'il a une compagne sur le territoire français, que celle-ci est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 16 décembre 2025, qu'elle est enceinte et qu'il a procédé à la reconnaissance prénatale de l'enfant le 9 octobre 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, M. A ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle particulière. Sa compagne, également de nationalité sénégalaise, réside en France sous couvert d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", laquelle ne lui donne pas vocation à s'installer durablement en France. Si le requérant produit un certificat de scolarité de sa compagne en première année de classe préparatoire aux grandes écoles " lettres ", il n'est pas, en tout état de cause, justifié d'inscription dans un établissement d'enseignement au titre de l'année 2023/2024. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'il existe un obstacle à ce que le couple se reforme dans son pays d'origine, où réside la mère du requérant. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a signalé au procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale des faits pouvant caractériser une tentative de corruption de fonctionnaire, dès lors que l'intéressé aurait glissé dans le dossier constitué à l'appui de sa demande de naturalisation qu'il avait présentée quatre billets de 50 euros et aurait commis des faits d'usage de faux dans le cadre de la même procédure. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus. Dès lors, elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En dernier lieu, aux termes des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Le requérant ne peut invoquer utilement l'intérêt supérieur d'un enfant à naître. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.
16. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 ci-dessus, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
17. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision portant obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Mallet et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Deniel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
C. Deniel
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2402231/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026