jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402492 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET FLEURUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, la société Foncière Paris Bourse, représentée par Me Jourdan, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 août 2023, notifiée le 29 août suivant, par laquelle la maire de Paris a opposé un sursis à exécution à sa déclaration préalable n° DP 07510223V0338222, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la maire de Paris de lui délivrer un certificat attestant de la non-opposition à déclaration préalable tacitement acquise le 22 août 2023 ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est justifiée, la décision attaquée l'exposant à un préjudice financier dès lors qu'elle a obtenu une offre d'acquisition de son bien, valable jusqu'au 15 février 2024, sous réserve du changement de destination objet de la déclaration préalable en cause et que la situation financière de la société requérante est préoccupante ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de :
- la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- l'erreur d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er février 2024 sous le numéro 2402491 par laquelle la société Foncière Paris Bourse demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier l'urgence requise des dispositions précitées au vu de laquelle le juge des référés, relevant, en outre, un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité d'un acte peut en suspendre l'exécution, la société requérante fait valoir que la décision attaquée aura des conséquences financières dommageables dès lors qu'une offre d'acquisition du 7 juillet 2023 subordonne la vente de son bien à un changement de destination. Elle précise que l'absence de vente de l'immeuble aura pour effet d'aggraver sa situation financière déjà préoccupante. Toutefois, les pièces produites au dossier, notamment la capture d'écran des soldes de comptes bancaires de la société, ne permettent pas, d'une part, d'apprécier la réalité du déficit qu'elle évoque, ni que la vente du bien objet de la décision attaquée serait de nature, s'il était établi, à remédier à ce déficit conjoncturel et ainsi à mettre fin à l'hypothèque qui pèserait, selon elle, sur l'équilibre de sa situation financière. D'autre part, aucun élément au dossier n'est de nature établir que l'existence même de la société serait mise en péril par l'absence de vente de l'immeuble faisant l'objet de la déclaration préalable. Ainsi, alors en outre, que la requérante qui a eu connaissance de la décision attaquée au plus tard le 29 août 2023 n'a saisi le tribunal au fond et sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que le 1er février suivant, soit dans un délai de plus de cinq mois et quatorze jours seulement avant la fin de validité de l'offre qu'elle évoque, n'apporte aucun élément de nature à caractériser l'urgence.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Foncière Paris Bourse ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de la société Foncière Paris Bourse est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Foncière Paris Bourse.
Fait à Paris, le 15 février 2024.
Le juge des référés,
J.-F. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3