mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402571 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | AZINCOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2022, M. B C A, représentée par Me Azincourt, a demandé au tribunal :
1°) d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2128280 rendue le 13 janvier 2022 par la juridiction ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il n'a pas reçu de convocation dans le délai imparti par cette ordonnance.
Par un courrier du 19 décembre 2022, le vice-président du tribunal a informé
M. A du classement administratif de sa demande.
Par une lettre enregistrée le 19 janvier 2023, M. A, représenté par Me Azincourt, a demandé au tribunal de prescrire, par voie juridictionnelle, les mesures d'exécution de l'ordonnance n° 2128280.
Par une ordonnance en date du 10 janvier 2024, la vice-présidente du tribunal administratif de Paris a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le requérant a été convoqué dans ses services sans s'y rendre et que le pli, qui lui a été envoyé en recommandé, est revenu " pli avisé non réclamé ".
Par un mémoire en réplique enregistré le 16 février 2024, M. B C A, représentée par Me Azincourt, demande au tribunal :
1°) d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2128280 rendue le 13 janvier 2022 par la juridiction ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 10 jours à compter de la décision à intervenir sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ()5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".1.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () ". Selon le premier alinéa de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision n° 2128280 en date du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Paris a, sur la demande de M. A, enjoint au préfet de police de Paris de donner un rendez-vous à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et a mis à la charge de l'Etat une somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par la présente requête, le requérant demande au tribunal d'assurer la complète exécution de cette décision en faisant valoir qu'il n'a pas fait l'objet de la convocation prévue par celle-ci.
4. Il résulte toutefois des pièces du dossier qu'en date du 3 mars 2022, soit dans le délai d'un mois prévu par l'ordonnance, la préfecture de police a convoqué M. A en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et que celui-ci ne s'est pas présenté au rendez-vous. La convocation, portant l'adresse indiquée par M. A dans sa requête, a été renvoyée avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'ordonnance du 13 janvier 2022 n'a pas été exécutée.
5. Il y a lieu, en conséquence, par application des dispositions précitées de l'article
R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête.
O R D O N N E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête en tant qu'elle demande l'exécution de l'ordonnance du 13 janvier 2022 enjoignant à l'administration de donner un rendez-vous à
M. A.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A, à Me Azincourt et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 22 mai 2024.
Le président du tribunal administratif
Jean-Christophe Duchon-Doris
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.