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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2402612

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2402612

vendredi 23 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2402612
TypeDécision
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2024, Mme B A, représentée par Me Rosin, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de délivrance de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande et de prendre une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé de la suspension demandée doit être regardée comme remplie, dès lors que la mesure la place dans une situation irrégulière et précaire depuis une durée anormalement longue ; qu'en effet en raison de l'expiration de son attestation de prolongation d'instruction le 26 décembre 2023, elle risque de faire l'objet à tout moment d'une mesure de vérification de son droit au séjour dans des locaux de police ou de gendarmerie et ne peut travailler ou faire valoir ses droits sociaux alors qu'elle doit seule subvenir aux besoins de son enfant ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de police ; en effet, la décision est insuffisamment motivée, entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que Mme A est convoquée à la préfecture le 14 février 2024 pour se voir remettre un récépissé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le dossier de la requête au fond enregistrée le 2 février 2024 sous le n° 2402613 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fouassier pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 14 février 2024, en présence de Mme Doucet, greffière d'audience :

- le rapport de M. Fouassier,

- et les observations de Me Rosin, représentant Mme A, qui indique qu'elle se désiste de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction et maintient ses conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 28 décembre 1985, a fait l'objet le 21 janvier 2022 d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, annulée par un jugement n°2203913/8-2 du 8 avril 2022 du tribunal administratif de Paris, qui a enjoint au préfet de police de réexaminer sa situation. Le 18 mai 2022. Mme A a sollicité une carte de résident, en qualité de parent d'enfant français. En l'absence de réponse, Mme A a déposé une nouvelle demande de titre de séjour sur le même fondement le 30 juin 2023. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Mme A s'est désistée à l'audience de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que Mme A est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rosin, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rosin de la somme de 1 100 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 100 euros sera versée à Mme A.

O R D O N N E

Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Rosin la somme de 1 100 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Cette somme sera versée directement à Mme A en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Rosin et au préfet de police.

Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris le 23 février 2024.

Le juge des référés,

C. FOUASSIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402612/

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