mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402865 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 7 février 2024 et le
7 mars 2024, M. F B, représenté par Me Griolet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2023 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Griolet, son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en l'absence de production de l'avis émis par un collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), il n'est pas possible de vérifier s'il a été émis régulièrement, qu'il a lui-même été pris au vu d'un rapport médical dont le contenu peut être vérifié, établi par un médecin de l'OFII identifiable qi n'a pas siégé au sein du collège, que l'avis est suffisamment motivé ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 février 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
12 mars 2024.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hermann Jager ;
- et les observations de Me de Gressot, substituant Me Griolet, conseil de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 5 septembre 1978, entré en France le
9 avril 2022 selon ses déclarations, a sollicité, le 20 avril 2023, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 décembre 2023, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. Par un arrêté n° 2023-01464 du 29 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. C, attaché d'administration hors classe de l'Etat placé sous l'autorité de Mme E, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes des deux premiers alinéas de L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ". Les conditions d'application de ces dispositions ont été définies aux articles R. 425-11 à R. 425-13 du même code et précisées par l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 2 octobre 2023, au vu duquel le préfet de police s'est prononcé, comporte le nom des trois médecins ayant siégé au sein de ce collège avec leur signature. Il ressort de l'avis et de l'attestation du 28 février 2024 du directeur territorial de Paris, que les médecins se sont prononcés au vu d'un rapport médical établi le 29 août 2023 et transmis le 30 août 2023, rédigé par un médecin instructeur dont le nom est mentionné et qui n'a pas siégé au sein du collège. Si le requérant soutient que l'avis est insuffisamment motivé, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de préciser expressément les critères retenus pour apprécier, notamment, l'existence d'un traitement approprié dans le pays d'origine. Par suite, les moyens tirés du vice de procédure et de l'insuffisance de motivation doivent être écartés.
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. Pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour, le préfet de police a estimé, ainsi que l'avait fait le collège de médecins de l'OFII dans son avis précité du
2 octobre 2023, que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat médical en date du 7 février 2024, établi postérieurement à l'arrêté en litige, par le docteur A de l'association Gaïa Paris, que M. B est atteint du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), d'une cardiopathie ischémique, d'une dépression chronique et d'un délabrement mandibulaire et bénéficie à ce titre de traitements médicaux à base de Delstrigo, Bisoprolol, Ramipril, Dapagliflozine, Xarelto, Spironolactone, Prozac, Norset et Acupan. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment des comptes rendus d'hospitalisation de chirurgie des 6 janvier, 2 février et 13 mars 2023 que M. B, en raison d'une toxicomanie par addiction à des produits stupéfiants, bénéficie d'un traitement de substitution par Méthadone. Si le requérant allègue qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine en raison des caractéristiques du système de santé géorgien, de l'absence de couverture maladie universelle et eu égard à la circonstance qu'il ne dispose pas des ressources pour payer les traitements prescrits, il n'établit toutefois pas, alors que cela lui incombe, que les traitements adaptés à ses pathologies ne sont pas disponibles en Géorgie, les certificats médicaux produits au soutien de ses conclusions n'étant ni suffisamment précis ni suffisamment circonstanciés pour démontrer l'absence de disponibilité des soins adaptés dans ce pays. Les considérations liées au système d'assurance maladie existant en Géorgie, l'absence de couverture maladie universelle invoquées par le requérant ainsi que son absence de ressources alléguée, sont sans incidence sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour. Les certificats médicaux en date des 26 janvier 2024 et du 6 mars 2024, postérieurs à la décision attaquée, établis par le docteur D, praticien hospitalier dans le service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine, qui se bornent à préciser que " l'ensemble de ces soins nécessite un suivi régulier et pluridisciplinaire en infectiologie, cardiologie et ORL/stomatologie qui ne pourraient être assurés en Géorgie et qui mettent en jeu le pronostic fonctionnel et vitale en l'absence de traitement bien conduit ", sont insuffisants pour démontrer l'impossibilité de soins pour l'intéressé dans son pays. S'agissant du traitement prescrit au requérant en raison de son infection par le VIH, contracté en Géorgie, M. B fait valoir que le Delstrigo est une trithérapie composée de Doravirine, de Lamivudine et de Ténofovir Disoproxil, qui n'est pas commercialisée en Géorgie. Il produit, au soutien de ses dires, les données générales extraites d'un rapport du 30 juin 2021 de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés intitulé " Géorgie : accès à divers soins et traitements médicaux " ainsi que d'un rapport de l'Office français de protection de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Cependant, ces éléments ne permettent pas d'établir l'indisponibilité d'un traitement adapté à sa pathologie dans son pays d'origine, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'avant son entrée en France, en 2022, M. B était précédemment traité pour cette infection, en Géorgie, et qu'il avait arrêté son traitement avant de venir en France pour se soigner. Par ailleurs, au soutien de ses conclusions, M. B fait valoir, en s'appuyant sur le courriel en date du 1er mars 2024 du laboratoire Biogaran, que le Ramipril n'est pas commercialisé en Géorgie, toutefois, le courriel précité indique que " cette spécialité n'est pas commercialisée par le laboratoire Biogaran en Géorgie. S'agissant d'une spécialité générique, il est possible que cette spécialité soit mise à dispositions par d'autres laboratoires pharmaceutiques dans le pays cité ". Cet élément ne saurait suffire à établir l'absence dans ce pays d'un traitement approprié à sa pathologie, lequel n'est pas nécessairement le traitement exactement prescrit, en l'absence notamment de toute indication sur l'impossibilité d'un traitement de substitution adapté. Concernant le traitement à base de Méthadone pour sevrage lié à une toxicomanie, M. B se prévaut de ce que ce traitement n'est pas disponible en pharmacie mais uniquement dans le cadre d'un programme auprès des centres spécialisés et sous un dosage inférieur à celui qui lui est prescrit en s'appuyant sur les données générales d'un article publié par l'International journal of Drug Policy, d'un rapport de l'OFPRA intitulé " La lutte contre la production, la vente et la consommation de produits stupéfiants " qui ne sont pas de nature à établir l'indisponibilité de son traitement. Le requérant ne démontre pas, enfin, que le traitement prescrit pour sa pathologie cardiaque n'est pas disponible en Géorgie et n'apporte pas d'élément précis et circonstancié sur la pathologie ORL et reste taisant sur les suites de l'intervention chirurgicale de reconstruction pelvimandibulaire dont il a bénéficié depuis sa prise en charge médicale en 2022. L'ensemble de ces éléments n'est ainsi pas de nature à infirmer l'appréciation du préfet de police sur sa situation de santé. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 6, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 ci-dessus, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et de celles de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République " et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Au soutien de ses conclusions, M. B invoque la circonstance de sa présence en France depuis le 9 avril 2022 et fait valoir qu'il y a développé des liens sociaux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne justifie ni d'une activité professionnelle ni de l'existence d'aucun lien particulier qu'il aurait noué en France n'étant pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa compagne et ses deux enfants, nés en 2004 et 2006, et où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de quarante-quatre ans. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et de sa présence en France inférieure à deux ans à la date de l'arrêté attaqué, en obligeant M. B à quitter le territoire français, le préfet de police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
11. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 7 à 9, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
13. Si le requérant allègue que sa vie et sa santé sont menacées en cas de retour dans son pays d'origine, en raison de l'absence de prise en charge médicale, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le requérant ne démontre pas qu'il ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état dans son pays d'origine. Dès lors, les moyens tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne sont pas fondés et doivent être écartés.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, au préfet de police et à Me Griolet.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hermann Jager, présidente, rapporteure ;
- M. Hémery, premier conseiller ;
- Mme Mornington, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Hermann Jager
L'assesseur le plus ancien,
D. Hémery La greffière,
A. Depousier
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512695
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le requérant, un ressortissant guinéen, contestait notamment la mesure au motif qu'il serait mineur. Le tribunal a jugé qu'il lui appartenait, saisi d'un recours suspensif, de statuer sur l'allégation de minorité avant de se prononcer sur la légalité de l'OQTF, conformément aux articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2528203
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par un ressortissant algérien contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, assorti d'une interdiction de retour. La juridiction a estimé que la décision était régulière, notamment quant à la compétence de la signataire, la motivation suffisante et l'examen de la situation personnelle du requérant. Elle s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses articles L. 611-1 et L. 612-10.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600391
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal estime que l'arrêté, pris par un agent disposant d'une délégation régulière, est légal et suffisamment motivé. Il constate que le préfet a respecté les exigences de vérification du droit au séjour et d'examen de la situation personnelle prévues par les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026