mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2402965 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | MEKARBECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2024, M. B A, représenté par Me Mekarbech, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 11 janvier 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil, de manière rétroactive à compter de la demande rétablissement, et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 000 euros, en application des articles L. 761-1 du Code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il y a urgence, dès lors qu'il ne dispose d'aucune ressource, qu'il ne perçoit pas l'allocation de demandeur d'asile et qu'il n'est plus hébergé ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
-elle est entachée d'un défaut d'examen dès lors qu'il n'a pas refusé une proposition d'hébergement faite par l'OFII ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne bénéficiait que d'un hébergement amical précaire et qu'il n'a pas manqué à ses obligations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2402963 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 2 septembre 2005 de nationalité afghane, a introduit une demande d'asile en France le 29 novembre 2023 et a été placé en procédure Dublin. Le 30 novembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, OFII, lui a adressé une décision de refus des conditions matérielles d'accueil à l'encontre de laquelle il a formé un recours administratif préalable obligatoire. Le 11 janvier 2024, il a bénéficié d'une attestation de demandeur d'asile en procédure accélérée. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 11 janvier 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il a refusé l'orientation en région qui lui a été proposée.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée ", sans instruction ni audience publique.
4. En l'espèce M. A fait valoir que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas refusé une proposition d'hébergement faite par l'OFII. Toutefois, il ne conteste pas le motif de la décision attaquée qui porte sur son refus de l'orientation en région qui lui a été proposée par l'OFII.
5. Par ailleurs, alors qu'il avait indiqué être hébergé à titre amical, il ne donne aucune précision ni justification sur sa situation actuelle et ses conditions d'existence. Dès lors, il ne justifie pas davantage de l'urgence de sa situation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, et les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Mekarbech.
Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 13 février 2024 .
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.