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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2403118

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2403118

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2403118
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 février 2024, M. B A, représenté par Me Hug demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision née le 23 décembre 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement refusé de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil, de manière rétroactive à compter de la demande de rétablissement, et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 000 euros, en application des articles L. 761-1 du Code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- il y a urgence, dès lors qu'il ne dispose d'aucune ressource et est en situation de grande précarité ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation

-elle est entachée de vices de procédure, sa vulnérabilité n'ayant pas été prise en compte, en raison du défaut de formation spécifique de l'agent et du contenu irrégulier du questionnaire ;

- l'OFII n'a pas pris en compte sa vulnérabilité et la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2403117 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité afghane a sollicité l'asile en France et sa demande a été enregistrée en procédure Dublin le 7 septembre 2023. Le même jour, l'OFII a pris une décision lui refusant les conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait refusé un hébergement en région. Il en a demandé le rétablissement le 23 octobre 2023. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision née le 23 décembre 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement refusé de le rétablir dans le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée ", sans instruction ni audience publique.

4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. En l'espèce, M. A fait valoir qu'il ne dispose d'aucune ressource et est en situation de grande précarité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il est hébergé par son frère qui l'assiste également dans l'ensemble de ses démarches. Dans ces conditions et alors que le requérant ne donne aucune précision ni justification sur la gravité de sa situation actuelle et ses conditions d'existence, il ne justifie pas de l'urgence de sa situation justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, et les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Hug.

Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 13 février 2024 .

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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