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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2403229

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2403229

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2403229
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET WOOG & ASSOCIES (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Vernon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite, née le 2 mai 2023, par laquelle la commission d'attribution des logements de la société Elogie-Siemp a refusé d'examiner sa demande de mutation de logement social et de lui attribuer un logement de type F1 ;

2°) d'enjoindre à la société Elogie-Siemp d'examiner et de faire droit à sa demande de mutation de logement social et d'attribution d'un logement de type F1, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la société Elogie-Siemp une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 13 euros au titre des frais de plaidoirie.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la candidature de M. A avait été proposée à Elogie-Siemp par le maire du XXe arrondissement de Paris pour l'attribution d'un logement de type F1, qu'il présente des signes de dépression psychique due à la petitesse de son logement, et que l'absence de séparation de la cuisine aggrave son asthme chronique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, la société Elogie-Siemp conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête de M. A est irrecevable, en l'absence de décision rendue par la société ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Doan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Doan,

- et les observations de Me Bennani pour la société Elogie-Siemp.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, demandeur de logement social depuis le 2 novembre 2005, a, par une décision du 16 janvier 2015 de la commission de médiation DALO de Paris, été reconnu prioritaire et devant être logé d'urgence au titre des dispositions relatives au droit au logement opposable. M. A a accepté un logement situé au 29 rue de la Mare à Paris, pour lequel un bail a été conclu le 29 septembre 2017. Il a déposé auprès de la société Elogie-Siemp une nouvelle demande de logement social le 17 août 2022. Par courriers du 18 janvier et du 16 février 2023, la société lui a indiqué que sa demande était sur liste d'attente. Par courrier recommandé du 23 février 2023, reçu le 1er mars 2023, M. A a adressé des pièces complémentaires à sa demande. Le 4 juillet 2023, M. A a renouvelé sa demande. Par un courrier recommandé reçu le 18 décembre 2023, il a sollicité la communication des motifs de la décision implicite née selon lui de l'absence de réponse à son courrier du 23 février 2023. La société lui a répondu le 1er février 2024. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision implicite.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II. - La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. ". Aux termes de son article L. 441-1-4 : " Les délais au-delà desquels les personnes qui ont déposé une demande de logement locatif social peuvent saisir la commission de médiation prévue à l'article L. 441-2-3 sont déterminés, au regard des circonstances locales, par un arrêté du représentant de l'Etat dans le département (). ". A Paris, ce délai est fixé à six ans pour un logement de type T1.

3. Par courrier recommandé du 23 février 2023, M. A a adressé à la société Elogie-Siemp des pièces complémentaires relatives à sa demande de mutation de logement social. S'il soutient que l'absence de réponse à ce courrier constitue une décision implicite de refus de sa demande, il ressort des pièces du dossier que l'instruction de celle-ci par la société Elogie-Siemp est en attente, alors qu'aucune disposition relative aux demandes de mutation de logement social ne prévoit que l'absence de réponse dans un délai de deux mois vaut refus d'examiner la demande ou rejet implicite de la demande. M. A ne se situe pas, en outre, dans la situation d'un demandeur ayant saisi la commission de médiation après un délai de six ans sans réponse à sa demande de logement, en application des dispositions précitées. Dès lors, en l'absence de décision, la requête de M. A est irrecevable et doit être rejetée. Il y a lieu, par suite, d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en ce sens par la société Elogie-Siemp.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la société Elogie-Siemp.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. DoanLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2403229/6-3

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