lundi 26 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2403337 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DELARUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 12 février 2024 et le 25 février 2024, Mme B A, représentée par Me Delarue, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 6 janvier 2024 par laquelle la présidente de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a retiré la décision l'admettant au sein du Master 2 parcours Juristes de droit social ;
2°) d'enjoindre à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sa réintégration provisoire au sein du master concerné, dans un délai de 48 heures sous astreinte de 300 euros par jour de retard, et de lui permettre de suivre ou de récupérer l'ensemble des enseignements ou des examens non suivis depuis la date de la décision attaquée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- dès lors que la décision de retrait intervient tardivement au cours de l'année, bien après que la sélection master soit terminée, et qu'elle prive la requérante de la possibilité de se présenter aux examens, la condition de l'urgence est remplie ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- la décision est entachée d'un vice de procédure, tiré de ce qu'elle n'a pas été précédée d'une phase contradictoire, au regard des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a méconnu les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'elle est intervenue au-delà du délai de quatre mois ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et a méconnu le principe d'égalité ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'une seconde erreur de fait.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 février 2024 et le 26 février 2024, l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et que les moyens soulevés par Mme A, ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée le 12 février 2024 sous le numéro 2403339, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Vidal, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 26 février 2024 en présence de Mme Parewyck, greffière d'audience, Mme Vidal a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Delarue, représentant Mme A, présente à l'audience ;
- les observations de Mme C, chargée des affaires juridiques, représentant l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré a été enregistrée le 26 février 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agente détachée de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au sein du CNRS, a demandé, dans le cadre de sa formation continue, à intégrer le Master 2 parcours Juristes de droit social de cette même université. Le 30 août 2023, Mme A a été reçue pour un entretien par les directeurs de la formation, et elle a reçu le 8 septembre 2023 un courriel lui confirmant son inscription. Par un courriel du 6 janvier 2024, la présidente de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne l'a informée du retrait de la décision l'admettant dans la formation Master 2 parcours Juristes de droit social. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conditions de L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / (). ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme A, et tirés de ce que la décision aurait été prise sans procédure contradictoire, de l'erreur de droit par la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, de l'erreur de fait, de la méconnaissance du principe d'égalité, et du détournement de pouvoir, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée du 6 janvier 2024.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que les conclusions de Mme A aux fins de suspension et d'injonction, doivent être rejetées, ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Delarue et à la présidente de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Fait à Paris, le 26 février 2024.
La juge des référés,
S. VIDAL
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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