mardi 25 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2403350 |
| Type | Décision |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | BROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2024, M. A B, représenté par Me Brochard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 52 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement, assortie des intérêts au taux légal au jour de la réception de la demande indemnitaire préalable ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 800 euros à verser à Me Brochard sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée en raison de sa carence à le reloger sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- il subit des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence et un préjudice moral ;
Le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit d'observations.
Par décision du 22 janvier 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Madé en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Madé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions indemnitaires :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
2. M. B, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement répondant à ses besoins et ses capacités par une décision du 27 septembre 2013 de la commission de médiation du département de Paris, valant pour une personne, au motif qu'il était dépourvu de logement et hébergé à l'hôtel. En outre, par jugement n° 1405513 du 24 juin 2014, la magistrate désignée du tribunal a enjoint au préfet d'assurer son relogement sous astreinte de 200 euros par mois de retard à compter du 1er septembre 2014. Or, il résulte de l'instruction que le préfet n'a pas proposé à l'intéressé un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation ni davantage exécuté le jugement lui enjoignant d'assurer son relogement. Cette double carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du 27 mars 2014 à l'égard de M. B. Toutefois, par jugement n° 1807370 du 26 mars 2019, la magistrate désignée du tribunal a condamné l'Etat à réparer les préjudices subis par l'intéressé pour la période du 27 mars 2014 au 26 mars 2019. Puis, par jugement n° 2013181 du 18 novembre 2021, la magistrate désignée du tribunal a condamné l'Etat à réparer les préjudices subis par l'intéressé pour la période du 27 mars 2019 au 18 novembre 2021. Par suite, le préjudice réparé par le présent jugement court à compter du 19 novembre 2021.
3. Il résulte de l'instruction que la situation d'urgence qui a motivé la décision de la commission de médiation perdure, M. B, âgé de 68 ans, étant toujours logé à l'hôtel et versant un loyer mensuel d'un montant de 700 euros disproportionné au regard de ses ressources financières constituées essentiellement d'aides mensuelles de la Caisse aux allocations familiales d'un montant de 850 euros. Par suite, compte tenu de ses conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant son foyer, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par l'intéressé dans ses conditions d'existence, y compris de son préjudice moral, en lui allouant une somme de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du jugement.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B une somme de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Brochard et à la ministre chargée du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.
La magistrate désignée,
Signé
C. MADÉ
La greffière,
Signé
S. TIMITE
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505413
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser Mme A... pour sa carence fautive à exécuter une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire pour un relogement d'urgence. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et a alloué à la requérante une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. Il a également mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par son avocate, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505460
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser une requérante pour carence fautive dans son relogement. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État, fondée sur l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour ne pas avoir exécuté une décision de la commission de médiation reconnaissant le caractère prioritaire de la demande. Elle a alloué à la requérante une somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices et a mis à la charge de l'État des frais de procédure au bénéfice de son avocat.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505576
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande d'indemnisation pour défaut de relogement suite à une décision de priorité de la commission de médiation. Il a retenu la responsabilité de l'État pour carence fautive, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 600 euros au requérant pour préjudice et 1200 euros à son avocate au titre des frais irrépétibles.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505602
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser un demandeur pour carence fautive dans son relogement. Le requérant, reconnu prioritaire par une commission de médiation, n'avait reçu aucune offre de logement dans le délai légal de six mois. Le tribunal a alloué 4 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
26/03/2026