vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2404100 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LIBERLEX (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2024, M. C F A et Mme E, représentés par Me Moulin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet de police rejetant leur demande de regroupement familial au bénéfice de Mme B déposée le 20 décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer leur situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils relèvent du point 325 de l'article 32 de l'accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal signé à Dakar le 23 septembre 2006 et remplissent les conditions pour bénéficier du regroupement familial ;
- la décision attaquée porte une atteinte démesurée au droit au respect de leur vie privée et familiale.
Une mise en demeure de produire un mémoire en défense a été adressée au préfet de police le 29 avril 2024.
Par une ordonnance du 5 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal signé à Dakar le 23 septembre 2006 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 24 janvier 2025 le rapport de M. Medjahed, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 5 juin 1986 au Sénégal, titulaire d'une carte de résident permanent valable jusqu'au 30 juillet 2033, a déposé, le 20 décembre 2022, une demande de regroupement familial au profit de sa conjointe, Mme B, née le 5 février 1994 au Sénégal. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a accusé réception de cette demande le 20 juin 2023. Par la présente requête, M. A et Mme B demandent au tribunal l'annulation de la décision implicite du 20 décembre 2023 par laquelle le préfet de police l'a rejetée.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auquel renvoie notamment le point 325 de l'article 32 de l'accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal signé à Dakar le 23 septembre 2006 : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 434-7 de ce code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; () ". Selon l'article L. 434-8 du même code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. () ". L'article R. 434-4 de ce même code dispose que : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie, au titre de ses ressources au cours des douze mois ayant précédé sa demande de regroupement familial du 20 décembre 2022, avoir perçu que la somme de 2 937,07 euros brut au titre de son salaire pour la période du 1er au 16 septembre 2022 et de 1'283,84 euros net au titre de son salaire pour le mois de novembre 2022. Ainsi, il ne peut être regardé comme justifiant remplir la condition de ressources prévue par les dispositions précitées pour prétendre au regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par suite, le refus opposé par le préfet de police à sa demande de regroupement familial n'est pas entaché d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 434-2 et L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ()". Lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet dispose d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu de rejeter la demande même dans le cas où l'étranger demandeur du regroupement ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions requises tenant aux ressources ou au logement, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale.
6. Si M. A est régulièrement présent sur le territoire français au moins depuis le 13 août 2013, date à laquelle il a bénéficié d'une première carte de résident de dix ans, il vit séparé de son épouse depuis la date de leur mariage au Maroc le 3 décembre 2018. En outre, à la date de la décision attaquée, son épouse ne justifie pas d'une durée de séjour et d'une insertion suffisantes sur le territoire français ni être dépourvue de tout lien au Sénégal ou être dans l'impossibilité d'y retourner. Dans ces conditions, eu égard aux effets de la décision attaquée, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police a porté une atteinte excessive au droit de M. A et de Mme B au respect de leur vie privée et familiale. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles liées aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C F A, à Mme E et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
N. MEDJAHED
La présidente,
Signé
S. AUBERT
La greffière,
Signé
A. LOUART
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025