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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2405323

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2405323

mercredi 13 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2405323
TypeOrdonnance
Avocat requérantORIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mars 2024, le syndicat des copropriétaires de la copropriété du 39 rue André Antoine, représenté par Me Orier, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision implicite du 30 décembre 2023 par laquelle la ville de Paris a refusé de procéder à la réfection de la partie du branchement particulier situé sous la voie publique ;

2°) d'enjoindre à la ville de Paris d'une part, de procéder à la réfection de la partie située sous le domaine public du branchement particulier au réseau public d'assainissement du 39 rue André Antoine situé dans le 18ème arrondissement à Paris dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et, d'autre part, de procéder à toutes mesures permettant le raccordement effectif de l'immeuble au réseau public d'assainissement ;

3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors que, d'une part, l'immeuble n'est pas raccordé au réseau public d'assainissement, entrainant le déversement d'eaux usées en dehors du réseau de collecte et que, d'autre part, ce déversement des eaux usées dans le terrain de l'immeuble affouille le sol de l'immeuble et compromet sa stabilité ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée car :

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond, enregistrée le 6 mars 2024, sous le n° 2405324 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ladreyt pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Pour justifier d'une situation d'urgence impliquant la suspension de la décision implicite du 30 décembre 2023, le syndicat requérant fait valoir que l'immeuble du 39 rue André Antoine, situé dans le 18ème arrondissement à Paris, n'est pas raccordé au réseau public d'assainissement, entrainant, de ce fait, le déversement d'eaux usées en dehors du réseau de collecte. En outre, le requérant fait valoir que ce déversement des eaux usée dans le terrain de l'immeuble affouille le sol de l'immeuble et compromet sa stabilité. Or, le requérant n'a introduit sa requête en référé que le 6 mars 2024, soit plus de deux mois après la naissance de la décision implicite de rejet, ce qui démontre que ce recours ne présentait pas, à ses propres yeux, le caractère d'urgence exigé à l'article L. 521-1 précité.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et sans nécessité d'examiner s'il existe un ou plusieurs moyens susceptibles de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, de rejeter la présente demande en référé pour défaut d'urgence, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la copropriété du 39 rue André Antoine est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de la copropriété du 39 rue André Antoine.

Fait à Paris le 13 mars 2024.

Le juge des référés,

J-P. Ladreyt

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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