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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2405568

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2405568

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2405568
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. A B , représenté par Me Rosin, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de délivrance de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande et de prendre une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de le munir, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler pendant la durée de ce réexamen, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé de la suspension demandée doit être regardée comme remplie, dès lors que la mesure la place dans une situation irrégulière et précaire depuis une durée anormalement longue ; qu'en effet en raison de l'expiration de son attestation de prolongation d'instruction le 26 décembre 2023, elle risque de faire l'objet à tout moment d'une mesure de vérification de son droit au séjour dans des locaux de police ou de gendarmerie et ne peut travailler ou faire valoir ses droits sociaux alors même qu'il est la seule source de revenus de son foyer ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de police ; en effet, la décision est insuffisamment motivée, et est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que le requérant a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour le 21 mars 2024 faisant perdre son objet à la requête.

Par un mémoire, enregistré le 25 mars 2024, M. B déclare se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 mars 2024 sous le numéro 2405568 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Louart, greffier d'audience, M. C a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 2 février 1989, a bénéficié d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ayant expiré le 20 juillet 2023. Le 24 mai 2023, il a en sollicité le renouvellement auprès des services de la préfecture de police. Le 23 août 2023, la CNDA, par une décision n° 23015321, a reconnu la qualité de réfugiée à sa fille. Il a dès lors le 31 août 2023 modifié sa demande, toujours en cours d'instruction, pour demander à titre principal, une carte de résident en qualité de père d'un enfant réfugié, sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Par un mémoire enregistré le 25 mars 2024, M. B a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Rosin, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Article 3 : L'Etat versera à Me Rosin la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 29 mars 2024 .

Le juge des référés,

Nicolas C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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