mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2405582 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. B A , représenté par Me Cabot, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner au préfet de police, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, une carte de séjour pluriannuelle, dans un délai de 24 heures ; à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délais ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
-il se trouve, depuis plus d'un mois désormais, dans l'impossibilité de prouver la régularité de son séjour en France et il a perdu le bénéfice de ses droits, ainsi que son emploi ;
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
-cette abstention du préfet de police méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à sa liberté de travailler et à sa liberté d'aller et venir ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête pour défaut d'urgence ou, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer.
Il soutient que le dossier de M. A n'est pas complet et que dans l'attente de la complétude de son dossier, il a été mis en possession, le 11 mars 2024, d'une attestation de prolongation d'instruction valable du jusqu'au 10 juin 2024
Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2024, M. B A , représenté par Me Cabot, conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions en injonction dès lors qu'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée, valable du 11 mars au 10 juin 2024. Il déclare maintenir ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Le rapport de Mme Evgénas a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 11 mars 2024 en présence de Mme Depousier, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 2 mars 1984 à Logar, de nationalité afghane, a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, valable du 29 juillet 2019 au 28 juillet 2023 dont il a sollicité le renouvellement. Il s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction, valable du 14 juin 2023 au 13 décembre 2023 suivie d'une attestation valable du 25 octobre 2023 au 24 janvier 2024. Il demande au juge des référés d'ordonner au préfet de police, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, une carte de séjour pluriannuelle dans un délai de 24 heures, ou à titre subsidiaire, à ce qu'il lui soit délivré une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délais.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. A, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Si le préfet de police demande à titre principal le rejet de la requête en invoquant l'incomplétude du dossier du requérant, il se borne à produire un courriel du 11 mars 2024, jour de l'audience, sollicitant des pièces.
5. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction a été délivrée à M. A valable du 11 mars au 10 juin 2024. Dans ces conditions, ses conclusions en injonction présentées en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont devenues sans objet.
Sur les frais d'instance :
6. M. A ayant été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Cabot, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Cabot en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 1 000 euros sera versée à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en injonction de M. A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Cabot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Cabot, avocate de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 1 000 euros sera versée à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Cabot et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 12 mars 2024 .
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/9