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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2405770

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2405770

mardi 2 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2405770
TypeDécision
Avocat requérantMEILHAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, la société Little Italy, représentée par Me Meilhac, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2024 par laquelle a été refusé le renouvellement d'une autorisation d'occupation du domaine public pour y installer une terrasse, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est, en l'espèce, justifiée, compte tenu des conséquences financières pour son exploitation de la privation d'une terrasse ;

- sont propres à créer un doute sérieux, en l'état de l'instruction, quant à la légalité de la décision en cause les moyens tirés de ce que cette décision :

- est insuffisamment motivée ; L. 211-2 CRPA

- est entachée d'un détournement de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation des faits et de sa proportion.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 février 2024 sous le numéro 2404396 par laquelle la société Little Italy demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la propriété des personnes publiques ;

- l'arrêté du 11 juin 2021 relatif au règlement de l'installation des étalages et terrasses sur la voie publique ainsi que des contre-étalages et contre-terrasses et des dépôts de matériels ou objets divers devant les commerces et des terrasses estivales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'auteur de la décision contestée pour la prendre a expressément retenu, après avoir mentionné l'article DG. 8 de l'arrêté du 11 juin 2021 relatif au règlement de l'installation, notamment, des étalages et terrasses sur la voie publique, que depuis l'année 2021 et sans cesse la société Little Italy avait méconnu les termes de la permission de voirie qui lui a été consentie le 7 septembre 2021. Dès lors, cette décision est motivée, alors même qu'elle ne mentionne pas les constats et procès-verbaux dressés par la police nationale, la police municipale et une inspectrice assermentée.

3. En vertu de l'article DG. 8 du règlement auquel il est fait référence au point précédent, les permissions de voirie pour l'installation des terrasses sont consenties pour une période ne pouvant dépasser le 31 décembre de chaque année. En vertu des dispositions du même article DG.8 une décision de non renouvellement peut être prise par l'administration pour des motifs tenant à l'intérêt du domaine public ou au prononcé de la sanction de retrait assortie d'une interdiction de renouvellement prévue à l'article DG.20 du présent règlement. La décision attaquée est intervenue alors qu'avait été mise en œuvre, par un courrier de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris du 17 avril 2023, la procédure de retrait de l'article DG. 20 du même arrêté et qu'ait été suivie la procédure contradictoire, permettant à la société requérante de présenter ses observations écrites et verbales, ainsi qu'elle l'expose elle-même dans ses écritures. Dès lors, c'est sans méconnaître la procédure contradictoire, en tout état de cause, qu'à été prise la décision de non renouvellement du 8 janvier 2024 qui a pu intervenir régulièrement après qu'ait été envisagée la prise d'une des sanctions de l'article DG. 20 et alors qu'un rapport de la police nationale, auquel il aurait été fait référence par l'administration le 30 mai 2023 lors de la présentation des observations orales de la permissionnaire, dont la communication a été demandée par un courrier du conseil de cette dernière du 31 mai suivant n'a pas été communiqué. Pour les mêmes motifs, il ne résulte pas davantage de l'instruction que la Ville de Paris aurait commis une erreur de droit en prenant la décision de non renouvellement de l'autorisation de voirie en cause après avoir envisagé seulement d'infliger à son bénéficiaire une des sanctions de l'article DG. 20.

4. Enfin, d'une part, la seule circonstance que l'auteur de la décision attaquée n'a pas développé les motifs tenant à l'intérêt du domaine public qui fondent cette décision, ni ne s'est référé expressément aux constatations effectuées par les services de police et un agent assermenté de la Ville de Paris ne laisse pas seulement présumer que ces faits seraient inexacts. En outre, la société requérante ne soutient pas qu'aucun manquement aux termes de l'autorisation qui lui a été consentie le 7 septembre 2021 n'a été commis, tout comme elle s'en était abstenue par la présentation de ses observations écrites datés au 5 mai 2022, par erreur sans doute, par lesquelles elle se limitait à déclarer que si des manquements avaient été constatés elle aurait dû recevoir une mise en demeure. D'autre part, la société requérante n'apporte pas les éléments de nature à démonter que la décision attaquée serait manifestement disproportionnée. Dès lors, en l'état de l'instruction il n'apparait pas que cette décision serait entachée d'erreurs manifestes d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui ne précède qu'aucun des moyens de la requête n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, et, alors, en outre, que l'urgence alléguée n'est absolument pas caractérisée, cette requête ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de la société Little Italy est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Little Italy et à la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 2 avril 2024.

Le juge des référés,

J.-F. A

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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