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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2406091

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2406091

samedi 16 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2406091
TypeOrdonnance
Avocat requérantFALALA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, Mme C épouse A et M. D A, agissant en leur nom propre et au nom de leur fille mineure, Mme B A, représentés par Me Djemaoun, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à l'Etat et au Samu social de les prendre effectivement en charge de manière pérenne, adaptée et assortie d'un accompagnement social, sans délai ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat ou du Samu social la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'urgence de leur situation est avérée dans la mesure où ils vivent dans la rue avec leur enfant âgée de neuf mois, en situation de détresse psychique et sociale ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté à l'intérêt supérieur de l'enfant, au principe de la dignité de la personne humaine, au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants et au droit à l'hébergement d'urgence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2024, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Falala, conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions en injonction de M. et Mme A et au rejet du surplus de leur requête.

Il soutient que la famille a été prise en charge le 15 mars 2024 et sera orientée le 19 mars prochain vers le SAS Pays de la Loire de manière pérenne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 16 mars 2024 en présence de Mme Rahmouni, greffière d'audience, Mme Dhiver a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Djemaoun, avocat de M. et Mme A, qui précise que M. A ayant le statut de demandeur d'asile, c'est l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui devrait le prendre en charge. Ils demandent que la présente ordonnance précise que leur prise en charge est faite au titre des conditions matérielles d'accueil ;

- et les observations de Me Goulard, substituant Me Falala, avocat du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris. Il fait valoir que la requête ne mentionnait pas le statut de demandeur d'asile de M. A et qu'il l'ignorait.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

2. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a décidé d'héberger en urgence M. et Mme A et de les orienter, à compter du 19 mars 2024, vers le SAS Pays de la Loire. Par suite, leurs conclusions en injonction ont perdu leur objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement que M. et Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en injonction de M. et Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C épouse A, à M. D A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au Samu social de Paris.

Copie en sera adressé au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Fait à Paris, le 16 mars 2024.

La juge des référés,

M. DHIVER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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