jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2406204 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Section 12 - Chambre 3 - OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | AHMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2024, M. C B A, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a informé de ce qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son inscription au fichier du système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués sont signés par une autorité incompétente ;
- l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- le signalement aux fins de non-admission au fichier du système d'information Schengen est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il ne peut plus solliciter de titre de séjour dans aucun autre pays de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet de police, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Duchon-Doris a été entendu au cours de l'audience publique du 24 avril 2024.
Les parties ont été informées à l'audience, conformément aux articles R. 611-7 et R. 776-25 du code justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en raison de sa tardiveté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant bangladais né le 15 avril 1980, est entré en France le 8 septembre 2018 et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 16 septembre 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 10 mai 2021. Le 2 mars 2022, M. B A a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides comme irrecevable le 11 mars 2022. Par deux arrêtés du 15 mars 2024, le préfet de police lui a, d'une part, fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et d'autre part, fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. B A demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-6 de ce code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. () ". Ce délai de quarante-huit heures, qui n'est pas un délai franc, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation en cas notamment d'une notification de la décision attaquée en fin de semaine ou un jour férié ou chômé.
3. Il ressort des mentions portées sur l'arrêté du 15 mars 2024 qu'il a été notifié à son destinataire par la voie administrative avec la mention des voies et délais de recours ouverts à son encontre, le 15 mars 2024 à 11h00 par le truchement d'un interprète qui a signé l'attestation de notification. La décision attaquée ainsi que les notes d'information qui l'accompagnent ont en outre été signées sans réserve par le requérant, qui est ainsi réputé avoir pris connaissance des droits qu'il pouvait exercer. La requête de M. B A n'a toutefois été enregistrée au greffe du tribunal que le 17 mars 2024 à 14h42, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures fixé par les dispositions précitées de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est susceptible d'aucune prorogation en vertu du II de l'article R. 776-5 du code de justice administrative. La présente requête est donc tardive et, par suite, irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le Président,
J.-C. Duchon-DorisLa greffière,
J. Tixier
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/12-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424096
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté le moyen d’incompétence de l’auteur de l’acte, en raison d’une délégation de signature régulière. Il a également jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article L. 513-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’était pas fondé, faute d’éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424084
Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal écarte le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte, une délégation de signature régulière ayant été accordée. Il rejette également le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant d'apporter des éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions à fin d'injonction.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2423685
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La juridiction a jugé que l'arrêté était signé par une autorité compétente et suffisamment motivé, et que le droit d'être entendu du requérant n'avait pas été méconnu. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, le tribunal estimant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. Cette décision a été prise en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et L. 613-1, ainsi que des principes généraux du droit de l'Union européenne.
22/05/2025