LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2406643

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2406643

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2406643
TypeDécision
Avocat requérantCABINET JASPER AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, M. D A I et Mme B E, agissant en leur qualité d'ayants droit G Id I, représentés par Me Heurton, demandent au juge des référés du tribunal :

1°) de prescrire une expertise médicale, au contradictoire de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, en vue de déterminer les préjudices subis par leur fils G A I lors de sa prise en charge à l'hôpital Trousseau, ayant aboutis à son décès le 10 septembre 2019, et les responsabilités encourues ;

2°) de dire que l'expert devra déposer un pré rapport.

Ils soutiennent que la conduite d'une expertise est utile dans la perspective d'une action en responsabilité en raison des conditions dans lesquelles leur enfant a été pris en charge au sein de l'AP-HP pour une tuméfaction testiculaire gauche, après un suivi pour une leucémie aiguë lymphoblastique, déclarée en rémission au mois de juin 2019.

Par un mémoire, enregistré le 12 avril 2024, l'ONIAM, représenté par Me Roquelle-Meyer, fait part de ses réserves et protestations sur le bien-fondé de sa mise en cause et demande de compléter la mission de l'expert selon les termes de son mémoire.

Par un mémoire, enregistré le 17 avril 2024, l'AP-HP informe le juge des référés qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, demande au juge des référés de compléter la mission de l'expert selon les termes de son mémoire et de mettre les frais d'expertise à la charge de M. A I et Mme E.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / () ".

2. L'enfant G Id I, né le 10 décembre 2009, a été pris en charge à l'hôpital Trousseau à partir du mois d'août 2016 dans un contexte de leucémie aiguë lymphoblastique, déclarée en rémission au mois de juin 2019. Une tuméfaction testiculaire gauche isolée a été mise en évidence au mois de juillet 2019 et un diagnostic de rechute précoce de leucémie est posé, qui conduit à un nouveau traitement par chimiothérapie débuté le 31 juillet 2019. L'enfant a ensuite développé un état fébrile et connu des douleurs au niveau de l'épaule droite, suivis d'une paralysie faciale centrale droite. Un scanner a mis en évidence un choc hémorragique et l'enfant a été hospitalisé en service de réanimation pour décompensation respiratoire le 23 août 2019 puis transféré le lendemain en service d'hématologie. L'hospitalisation a été marquée par un abcès cérébral avec hémiparésie, état de mal épileptique et infection fungique disséminée à mucormycose. L'enfant est décédé le 10 septembre 2019. S'interrogeant sur la conformité de sa prise en charge, ses parents, M. A I et Mme E, sollicitent une expertise judiciaire.

3. La demande d'expertise présentée par M. A I et Mme E entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

4. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. Par suite, les conclusions des requérants et de l'ONIAM tendant à ce que le juge des référés enjoigne à l'expert de déposer un pré rapport ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

5. En vertu de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la ou les parties qui assumeront la charge des frais d'expertise sont désignées par le président du tribunal aux termes de l'ordonnance qui fixera, après le dépôt du rapport, les frais et honoraires de l'expert. Il n'appartient donc pas au juge des référés de déterminer la partie à la charge de laquelle seront mis les frais d'expertise. Par suite, la demande présentée à ce titre par l'AP-HP de mettre les frais d'expertise à la charge de M. A I et Mme E doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : M. J H (anesthésie-réanimation - pédiatrie) exerçant à l'hôpital Mère Enfant sis 59, boulevard Pinel à Bron (69500) et M. C F (oncologue), exerçant au Centre Léon Bérard sis 28, rue Laennec à Lyon (69008) sont désignés en qualité d'experts. Ils auront pour mission, en présence de M. D A I, Mme E, l'AP-HP, l'ONIAM, et la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, de :

1°) prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de M. G A I depuis son suivi à l'hôpital Trousseau à compter du mois d'août 2016 au mois de juin 2019, puis à partir du mois de juillet 2019 dans le cadre de la découverte d'une tuméfaction testiculaire gauche, et de tous documents utiles à sa mission ; convoquer et entendre M. D A I, Mme E, les parties et tout sachant ; procéder à l'examen du dossier médical de M. G A I ; entendre les doléances de M. A I et de Mme E ;

2°) décrire l'état de santé de M. G A I et les soins et prescriptions antérieurs à son suivi à l'hôpital Trousseau et les conditions dans lesquelles il a été pris en charge et soigné dans cet établissement ;

3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. G A I et aux symptômes qu'il présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales de l'hôpital, et la conformité de la prise en charge de l'intéressé aux règles de l'art et aux données acquises de la science à l'époque des faits ; l'expert précisera les références des données médicales sur lesquelles il se fonde, en retranscrivant au besoin les passages de la littérature scientifique qui lui paraîtraient pertinents ; dire si la ponction lombaire pratiquée le 19 août 2019 était adaptée aux symptômes de l'enfant, et si l'intervention chirurgicale réalisée pour la prise en charge de son infection à mucormycose gastrique responsable d'une perforation de la paroi gastrique était pertinente devant l'état de santé de M. G A I ; préciser la cause de l'hémorragie intra crânienne de M. G A I ;

4°) déterminer l'origine de l'infection fungique à mucormycose qu'a subie M. G A I en appréciant, le cas échéant, la part respective prise par les différents facteurs qui y auraient concouru en recherchant, à cet égard, quelle incidence sur la survenance du dommage ont pu avoir la présence d'autres pathologies, l'âge de M. G A I ou la prise d'un traitement antérieur particulier ; dire si la prise en charge de M. G A I à l'hôpital Trousseau en juillet 2019 est exempte de reproches, si le diagnostic a été correctement posé et le traitement adapté et s'il était conforme au savoir-faire de la science à l'époque ;

5°) donner leur avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à M. G A I une chance sérieuse d'éviter les dommages décrits ayant aboutis à son décès ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par M. G A I de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ; dire si le dommage survenu et ses conséquences étaient probables, attendus et redoutés ; évaluer le taux du risque qui s'est, le cas échéant, réalisé ; déterminer les conséquences probables de la pathologie présentée en l'absence de traitement ;

6°) en cas d'aléa thérapeutique, dire :

- si la prise en charge médicale a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles M. G A I était exposé par sa pathologie de manière suffisamment probable en l'absence de geste ;

- quelle était la probabilité de la survenance du dommage dans les conditions où l'acte a été accompli ;

7°) déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée aux parents de M. G A I sur les risques des actes médicaux subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

8°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance des préjudices subis par M. G A I notamment à raison des souffrances endurées, et toute information utile à la solution du litige ; évaluer les postes de préjudices sur la nomenclature Dinthilac ;

a) déterminer le taux de gêne temporaire, totale ou partielle, constitutive d'un déficit fonctionnel temporaire, l'incidence scolaire ainsi que les autres dépenses liées au dommage corporel ;

b) décrire et évaluer les souffrances physiques, psychiques ou morales subies en lien avec les faits en litige ;

9°) sur l'infection :

- préciser à quelle date ont été constatés les premiers signes d'infection, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapie ;

- dire quels ont été les moyens permettant le diagnostic, les éléments cliniques, paracliniques et biologiques retenus et les types de germes identifiés ;

- se faire communiquer par les établissements de soins en cause les protocoles et comptes rendus du CLIN, les protocoles d'hygiène et d'asepsie applicables, les enquêtes épidémiologiques effectuées au moment des faits litigieux ; vérifier si un manquement quel qu'il soit, notamment un manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en vigueur en matière de lutte contre les infections nosocomiales, peut être relevé à l'encontre de l'établissement de soins concerné ;

- dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de l'infection ;

- préciser si la conduite diagnostique et thérapeutique de cette infection a été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale à l'époque où ces soins ont été dispensés ;

10°) préciser clairement, pour chacun de ces postes de préjudices :

a) la part qui résulte de l'infection en cause ;

b) la part éventuelle qui résulterait de l'état de santé antérieur du patient ;

c) la part éventuelle qui résulterait de faits postérieurs à l'infection ;

d) la part éventuelle qui résulterait de manquements éventuellement commis dans la prise en charge hospitalière du patient autres que les manquements à l'origine de l'infection elle-même et que ceux commis dans la prise en charge médicale de l'infection ;

11°) donner au tribunal tous autres éléments d'information nécessaires à la réparation de l'intégralité du préjudice subi par M. G A I et ses parents à raison des faits en litige.

Article 2 : Les experts rempliront leur mission dans les conditions par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Ils ne pourront recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, les experts prêteront serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : A la demande du tribunal ou à son initiative, les experts pourront, avec l'accord des parties, conduire une médiation dans les conditions prévues à l'article R. 621-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les experts déposeront leur rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 25 avril 2025, sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges prévue à cet effet, accompagné de l'état de leurs vacations, frais et débours.

Article 6 : Les experts notifieront les copies de leur rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 8 de la présente ordonnance, dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A I et Mme B E, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, à M. J H, et M. C F experts.

Fait à Paris, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

M. DHIVER

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406643/11-6

← Retour aux décisions