vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2406858 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, M. B A, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 22 mars 2024 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser, en cas de non-admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 10 août 1984, a présenté une demande d'asile le 10 août 2023. Par un arrêté du 7 septembre 2023, le préfet de police de Paris a décidé de son transfert aux autorités suédoises responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A a, par un courriel du 21 mars 2024, sollicité un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale. Par un courriel daté du 22 mars 2024, le bureau de l'accueil de la demande d'asile de la préfecture de police de Paris lui a répondu de se " rapprocher du BLII, gestionnaire de [son] dossier ". M. A demande au tribunal l'annulation de la décision portant refus d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, laquelle serait révélée par ce courriel du bureau de l'accueil de la demande d'asile de la préfecture de police de Paris.
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement peuvent rejeter, par ordonnance, les requêtes qui sont manifestement irrecevables et pour lesquelles ils ne sont pas tenus d'inviter leur auteur à régulariser.
3. Le contenu du courriel du bureau de l'accueil de la demande d'asile de la préfecture de police mentionné au point 1 ci-dessus n'est, contrairement à ce que soutient le requérant, pas de nature à révéler un refus d'enregistrement, par le préfet de police, de sa demande d'asile en procédure normale. Dans ces conditions, l'intéressé ne justifie pas de l'existence d'une décision préfectorale de refus d'enregistrement de sa demande d'asile. Il suit de là que sa requête est manifestement irrecevable et doit être, sans qu'il y ait lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Hug.
Fait à Paris le 5 avril 2024.
La vice-présidente de section,
S. Marzoug
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2406858/6-2