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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2406893

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2406893

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2406893
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantANDRIEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, M. D A C, représenté par Me Andrieux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui rappelle son obligation de rembourser la somme totale de 6 891,67 euros relative à des indus de prime d'activité, de prestations familiales et d'allocation de logement sociale ;

2°) de prononcer la décharge du paiement des sommes en cause ;

3°) de mettre à la charge de la CAF de Paris la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi de 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une décision du 12 janvier 2024, M. A C a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

Sur les conclusions portant sur l'indu de prestations familiales :

2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Et aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; 4°) l'allocation de logement ; 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; 6°) l'allocation de soutien familial ; 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; 8°) l'allocation de parent isolé et la prime forfaitaire instituée par l'article L. 524-5 ; 9°) l'allocation journalière de présence parentale. ".

3. Il résulte de ce qui précède, et à supposer que le courrier du 30 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris rappelle à M. A C qu'il doit rembourser la somme de 6 891,67 euros au titre de la créance qu'elle détient sur lui concernant la prime d'activité, les prestations familiales et l'allocation de logement sociale, puisse être regardée comme faisant grief, que les litiges relatifs au remboursement des prestations familiales indûment versées ne relèvent pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête de M. A C portant sur l'indu de prestations familiales doivent être, en tout état de cause, rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions portant sur les indus de prime d'activité et d'allocation de logement sociale :

4. D'une part, au titre de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () " et au titre de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". D'autre part, l'article R. 612-1 du code de justice administrative prévoit que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ".

5. Le conseil de M. A C a été invité, par un courrier du 26 mars 2024 à produire, d'une part, la copie des décisions initiales de demande de remboursement des indus litigieux et, d'autre part, les justificatifs des recours administratifs préalables obligatoires formés conformément aux dispositions citées au point précédent, sous peine d'irrecevabilité des conclusions susvisées. Si en réponse à ce courrier, M. A C produit une lettre du 21 juin 2023 ayant pour objet " Contestation de la notification de dette ", il ne justifie pas avoir notifié ce courrier à l'organisme payeur. Par suite, les conclusions présentées par M. A C relatives aux indus de prime d'activité et d'allocation de logement sociale sont manifestement irrecevables, dès lors que le requérant ne démontre pas avoir exercé le recours administratif préalable imposé par les dispositions citées au point 4 ci-dessus.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête de M. A C, y compris celles présentées en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A C et à Me Andrieux.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.

Fait à Paris, le 13 mai 2024.

La présidente de la formation de jugement,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2406893/6-

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