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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2407291

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2407291

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2407291
TypeOrdonnance
Avocat requérantCHAUVIN-HAMEAU-MADEIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Chauvin-Hameau-Madeira, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Chauvin-Hameau-Madeira, avocat de Mme B, de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, à elle-même.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'elle demande le renouvellement de son titre de séjour et que l'exécution de la décision attaquée l'empêche de poursuivre normalement ses études ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête enregistrée sous le numéro 2407289 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sorin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 19 février 1999, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Elle demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet de police a rejeté cette demande.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

3. Pour établir le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, Mme B soutient qu'il est insuffisamment motivé, qu'il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation, qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant au caractère réel et sérieux de ses études. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est propre à créer à doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, étant notamment relevé que l'inscription en première année de langues étrangères appliquées pour l'année universitaire 2022-2023 ne saurait être regardée comme présentant une cohérence suffisante avec les études antérieures de l'intéressée, au cours desquelles elle avait obtenu un " bachelor marketing et business " sanctionnant trois années d'études supérieures de 2018 à 2021. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, que les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Chauvin-Hameau-Madeira et au préfet de police.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 12 avril 2024.

Le juge des référés,

J. SORIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2407291/

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