jeudi 6 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407381 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | GERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 17 février 2025, Mme A C, représentée par Me Gerard, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 2 700 euros à parfaire et augmentée des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de condamner l'État à lui verser, à la fin de chaque trimestre durant lequel son relogement ne sera pas intervenu, la somme de 900 euros correspondant à l'indemnisation de la fraction certaine de son préjudice futur ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, qui n'a pas produit d'observations.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Patfoort, greffier d'audience, M. B a lu son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité :
1. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. () ".
2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
3. Il résulte de l'instruction que Mme C, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 29 juillet 2021 de la commission de médiation du département de Paris au motif qu'elle était logée dans un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Il est cependant constant que le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, n'a pas proposé à Mme C un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à l'égard de Mme C à compter du 29 janvier 2022.
Sur l'indemnisation :
4. Il résulte de l'instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation persiste, Mme C, après avoir été hébergée dans un logement-foyer géré par ADOMA, est depuis août 2022 dépourvue de logement et hébergée chez une amie vivant en colocation. Ce logement, situé au cinquième étage sans ascenseur, est inadapté à l'état de santé de Mme C comme en atteste un certificat médical du 12 juillet 2023 produit au dossier. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l'État et de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par Mme C dans ses conditions d'existence en lui allouant une somme de 1 200 euros, tous intérêts compris pour la période du 29 janvier 2022 au 6 mars 2025.
5. Les conclusions tendant à la condamnation de l'État à verser à Mme C, à la fin de chaque trimestre durant lequel son relogement ne sera pas intervenu, la somme de 900 euros, en réparation de la supposée fraction certaine de son préjudice futur, doivent être rejetées faute d'un préjudice actuel et certain.
Sur les frais liés au litige :
6. En l'espèce, Mme C n'établissant pas avoir exposé d'autres frais que ceux pris en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle accordée par décision du 14 janvier 2025, sa demande tendant à ce que l'État verse une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme C une somme de 1 200 (mille deux cents) euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement et à Me Gerard.
Copie en sera adressée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2025.
Le magistrat désigné,
J.-P. BLe greffier,
A. PATFOORT
La République mande et ordonne à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2427371
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... dirigée contre la décision du 16 mai 2024 par laquelle la commission de médiation de Paris a déclaré sans objet sa demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de son logement social. Le tribunal a relevé que M. A... avait déjà obtenu cette reconnaissance par une décision du 25 novembre 2020, et que la décision attaquée ne remettait pas en cause ce bénéfice. En l'absence d'élément nouveau, la requête a été jugée irrecevable pour défaut d'intérêt à agir, sur le fondement des dispositions du code de la construction et de l'habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2430512
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A... et Mme C... d’un recours en excès de pouvoir contre la décision du 4 avril 2024 par laquelle la commission de médiation du département de Paris a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de leur demande de logement social, au motif que l’insalubrité et l’indécence du logement n’étaient pas démontrées par des pièces administratives. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le préfet, la décision attaquée ayant bien été produite. Sur le fond, il a annulé la décision de la commission, estimant que celle-ci avait commis une erreur de droit en exigeant la production d’un rapport d’autorité administrative pour établir l’insalubrité, alors que d’autres éléments pouvaient être pris en compte, et qu’elle avait également omis de statuer sur le moyen tiré de la suroccupation du logement. La solution retenue est fondée sur les dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2433968
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en formation de juge unique, a annulé la décision du 12 décembre 2024 par laquelle la commission de médiation du département de Paris avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de M. B.... Le tribunal a jugé que la commission avait commis une erreur d'appréciation en estimant que la situation de M. B..., hébergé à l'hôtel et dépourvu de logement, ne présentait pas un caractère d'urgence. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2506532
Le Tribunal administratif de Paris était saisi d’un recours pour excès de pouvoir par Mme C... contre le refus implicite de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Postérieurement à l’introduction de la requête, la commission a rendu une décision favorable le 20 mars 2025, reconnaissant Mme C... comme prioritaire et devant être logée d’urgence. Le tribunal a constaté que les conclusions de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
09/12/2025