mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407658 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | PATUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, et un mémoire en réplique, enregistré
le 11 avril 2024, M. B A, représenté par Me Patureau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 16 octobre 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police le réexamen de sa situation dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer pour la période de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour et de travail, et à défaut, la délivrance d'un récépissé autorisant le séjour et le travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence se présume s'agissant d'un renouvellement de titre de séjour régulier et dès lors que cette situation le place dans l'impossibilité de poursuivre son contrat de travail ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision explicite du 22 mars 2024, par laquelle le préfet a rejeté la demande du requérant et l'a obligé à quitter le territoire, se substitue à la décision implicite attaquée ;
- le préfet a commis une erreur de droit en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- la décision explicite du 22 mars 2024 a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que n'ayant pas commis les faits qui lui sont reprochés dans la décision, il ne représente pas une menace à l'ordre public. En outre le refus de renouvellement est disproportionné par rapport aux faits qui lui sont reprochés.
Par un mémoire enregistré le 10 avril 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que par une décision explicite en date du 22 mars 2024, la demande du requérant a été rejetée laquelle se substitue à la décision implicite attaquée, que l'urgence n'est pas établie et que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 janvier 2024 sous le numéro 2402139 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bachoffer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 12 avril 2024 :
- le rapport de M. Bachoffer ;
- les observations de Me Patureau, avocat de M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 4 août 1987, a bénéficié de plusieurs titres de séjour en sa qualité de salarié dont le dernier a expiré le 24 octobre 2022. Le 16 juin 2023,
M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre séjour. Ce recours doit être regardé comme dirigé contre la décision explicite du 22 mars 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision qu'il conteste.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Patureau et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera faite au préfet de police.
Fait à Paris, le 17 avril 2024
Le juge des référés,
B. BACHOFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1