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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2407797

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2407797

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2407797
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET CHIRINE HEYDARI-MALAYERI AVOCATE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 avril 2024, la Société par Actions Simplifiées (SAS) 39 rue des Petites écuries exploitant l'établissement " LE DEVIANT ", représentée par Me Heydari-Malayeri, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 3 avril 2024 par lequel le préfet de police a prononcé la fermeture administrative de l'établissement " LE DEVIANT " du 5 au 13 avril 2024 " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée porte un préjudice grave et immédiat aux intérêts économiques et financiers de l'établissement et qu'elle compromet à brève échéance sa viabilité en raison de la destruction du stock alimentaire, de la perte de chiffre d'affaires d'un montant de 40 471 euros et qu'elle doit faire face à des charges fixes de 27 369 euros ;

- la décision attaquée porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et que la mesure ordonnée est disproportionnée au regard du manquement retenu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 3 avril 2024, le préfet de police a prononcé la fermeture pour une durée de 9 jours de l'établissement " LE DEVIANT ", exploité par la SAS 39 rue des petites écuries au 39, rue des petites écuries (75010). Par la présente requête, l'établissement demande sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative la suspension dudit arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : / 1° Travail dissimulé ; () ". Aux termes de la première phrase du premier alinéa de l'article L. 8272-2 du même code : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L. 8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4°, elle peut, si la proportion de salariés concernés le justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois ".

4. En l'espèce, le préfet de police a prononcé la fermeture de l'établissement " LE DEVIANT " pour une durée de 9 jours. Deux contrôles des services de l'inspection du travail en date du 15 juin 2023 et du 14 septembre 2023 ont révélé que l'exploitant employait une stagiaire qui exerçait des missions qui n'étaient pas prévues par sa convention de stage, en toute autonomie, en l'absence de son maitre de stage et que la durée du travail effectué excédait celle prévue par la convention de stage. Si la société requérante soutient que la stagiaire effectuait des missions diverses en cuisine " de la préparation en amont du service, des différentes techniques de base à maitriser en cuisine () les cuissons, () et la gestion du passe ", elle ne conteste pas sérieusement que cette dernière était également assignée à la mise en place de la salle et au service, missions qui n'étaient pas prévues par la convention de stage. Par ailleurs, l'établissement ne produit aucun élément permettant d'établir le respect de la durée de travail légale pour une stagiaire. En conséquence, au regard de l'infraction constatée et en limitant à la période de neuf jours la fermeture administrative de l'établissement en cause, le préfet de police ne saurait être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de la SAS 39 rue des Petites écuries ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SAS 39 rue des Petites écuries est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS 39 rue des Petites écuries.

Fait à Paris, le 12 avril 2024.

Le juge des référés,

F. HO SI FAT

La République mande et ordonne au garde ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./9

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