mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2407842 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | ORHANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, M. B A, représenté par
Me Orhant, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 6 février 2024 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'office français de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif depuis la demande de rétablissement, et ce dans un délai de 3 jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991, en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle, ou de lui verser la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 5 avril 2024 sous le numéro 2407843 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 12 janvier 2003, est entré en France en
février 2011 et y réside depuis, selon ses déclarations. Le 7 février 2022, il a fait une demande d'asile auprès de l'OFII et a accepté la proposition des conditions matérielles d'accueil le
10 février 2022. Par une décision du 19 septembre 2022, l'OFII a mis fin au bénéfice de ces conditions. M. A a demandé leur rétablissement par un courrier du 6 décembre 2023, reçu le 12 décembre suivant. Par la requête susvisée, il demande la suspension de l'exécution de la décision née du silence de deux mois gardé par l'administration sur cette demande.
Sur les conclusions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Pour justifier que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, M. A soutient que cette décision le laisse sans ressource sur le territoire français. Cependant, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a contribué à créer la situation d'urgence qu'il invoque, notamment en ne se rendant pas à deux rendez-vous en vue de l'exécution de l'arrêté de transfert vers la Bulgarie alors qu'il se borne, pour justifier ses absences, à produire deux certificats médicaux, l'un mentionnant un syndrome viral, l'autre une impossibilité de quitter le domicile pendant trois jours, qui ne permettent pas de justifier d'une raison légitime à sa non-présentation. En outre, il n'a pas contesté la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil en date du 19 septembre 2022. Par suite, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas d'admettre
M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Orhant.
Fait à Paris, le 16 avril 2024
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1