mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408120 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET INTERBARREAUX MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 avril et le 30 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la production de son dossier entier ;
2°) d'annuler les arrêtés du 8 avril 2024 par lesquels le préfet de police, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans cette attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle.
S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 et le 31 juillet 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 6 août 2024.
Par une décision du 25 juin 2024, la demande d'aide juridictionnelle, présentée par M. B, a été déclarée caduque par le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus
- le rapport de Mme Emmanuelle Topin,
- et les observations de Me Veillat, substituant Me Monconduit, représentant de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, né le 25 mars 1971, est entré en France en 2014, selon ses déclarations, muni d'un visa de type C. Par arrêté du 13 février 2020, le préfet de police a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et l'a obligé à quitter le territoire national dans un délai de trente jours. Par deux arrêtés du 8 avril 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de police, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.
Sur les conclusions tendant à la production de l'entier dossier :
2. Les éléments pertinents du dossier de M. B ont été transmis par le préfet de police avec les mémoires en défense et communiqués au requérant. Par suite, l'affaire étant en état d'être jugée, il n'y a pas lieu d'ordonner la communication de l'entier dossier de l'intéressé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tout en faisant état de manière suffisamment précise des éléments relatifs à la situation personnelle sur lesquels le préfet de police s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français et lui refuser un délai de départ volontaire. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de
M. B, il lui permet de comprendre les motifs qui l'ont fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre à son encontre l'arrêté litigieux, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen. De plus, si le requérant se prévaut d'un droit au séjour dès lors qu'il a déposé, le 23 novembre 2023, soit préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué, une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il ne conteste pas l'affirmation du préfet de police en défense, suivant laquelle cette demande a donné lieu à une décision implicite de rejet, née le 23 mars 2024. Par suite, la circonstance qu'une nouvelle demande d'admission exceptionnelle au séjour ait été enregistrée le 12 juillet 2024 ne fait pas obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement à l'encontre de M. B, qui n'est dès lors pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait entaché son arrêté d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est entré en France en 2014 selon ses déclarations et justifie y résider de manière habituelle depuis 2019 en produisant en particulier les relevés de compte bancaire mouvementés et des bulletins de salaire, les quelques documents produits sur la période antérieure ne permettant pas d'établir la résidence habituelle et continue, en particulier de 2014 à juillet 2017, puis pour l'année 2018 pour laquelle seuls deux relevés bancaires des mois de mars et novembre sont produits. S'il soutient que sa présence en France auprès de son fils, qui a rencontré des difficultés scolaires, est indispensable à son éducation, il ressort des pièces du dossier qu'il est séparé de la mère de l'enfant, et que la résidence habituelle de son fils, né en 2012, a été fixée chez sa mère par un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 21 avril 2023. L'intensité de la participation de M. B à l'éducation de son fils n'est pas démontrée par les pièces produites, hors le versement d'une pension alimentaire de cent euros dont il est justifié du paiement du mois de juin 2023 à janvier 2024 par la production de relevés bancaires faisant état d'un virement à la caisse d'allocations familiales en juin, septembre et octobre 2023 puis de virements directs à la mère de l'enfant, alors que par ailleurs il ressort des procès-verbaux d'audition et de dépôt de plainte du 6 avril 2024 que M. B a fait l'objet d'un signalement par les services de police le 5 avril 2024 à la suite d'une plainte déposée par son fils pour des faits de violence sur mineur de quinze ans, aggravée par trois circonstances, suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. L'intéressé n'est pas en outre dépourvu de famille en Tunisie où résident en particulier des enfants à sa charge selon ses déclarations auprès du juge des affaires familiales consignées dans le jugement précité. Son intégration professionnelle n'est pas significative puisqu'il a, depuis 2020, exercé la profession de chauffeur-livreur, au demeurant sans être titulaire d'un permis de conduire selon ses déclarations aux autorités policières, dans le cadre de deux contrats à durée indéterminée signés le 1er juillet 2022 puis le 14 février 2023 avec un autre employeur. Dans ces conditions, et à supposer même que le signalement du 5 avril 2024 n'établirait pas que la présence en France de l'intéressé constitue une menace à l'ordre public, en obligeant M. B à quitter le territoire français, le préfet de police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et professionnelle du requérant.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Aux termes de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt. ". Enfin, aux termes de l'article 5 de la directive 2008/115/CE : " Lorsqu'ils mettent en œuvre la présente directive, les États membres tiennent dûment compte : / a) de l'intérêt supérieur de l'enfant / (). "
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut dès lors qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ :
10. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 9., le moyen tiré, par voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant octroi de délai de départ volontaire doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
12. La décision portant refus d'octroi de délai de départ mentionne les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile. Elle fait état de ce que la présence de M. B est constitutive d'une menace pour l'ordre public dès lors qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de violence sur mineur de quinze ans avec arme par destination et violence aggravée par trois circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours et que le requérant a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise le 13 février 2020, non exécutée. Dès lors, elle comporte les considérations de faits et de droit sur lesquels le préfet de police s'est fondé et est ainsi suffisamment motivée.
13. En troisième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : ()
3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;() 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".
15. M. B soutient que, contrairement aux mentions de la décision attaquée, il justifie de garanties de représentation. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet a également fondé sa décision sur la circonstance que l'intéressé s'est soustrait à une précédente obligation de quitter le territoire français du 13 février 2020 et que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit, la décision portant obligation de quitter le territoire français à M. B n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
17. En second lieu, la décision attaquée a été prise au visa de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que le requérant est de nationalité tunisienne et que l'intéressé n'a pas établi qu'il serait personnellement exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet a énoncé les considérations de droit et de fait sur lesquelles la décision litigieuse est fondée. Cette motivation révèle en outre que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, les moyens tirés des défauts de motivation et d'examen particulier de sa situation doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français de trente-six mois :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). ".
19. Il ressort de l'arrêté du 8 avril 2023 que, pour prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé représente une menace à l'ordre public à raison d'un signalement, le 5 avril 2024, pour des violences sur mineur de quinze ans avec arme par destination et violence aggravée par trois circonstances suivie d'une incapacité totale de travail inférieure à huit jours et qu'il ne peut se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et anciens avec la France étant constaté que l'intéressé s'est déclaré séparé, père d'un enfant victime de ses violences. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait été privé de tout droit de visite de son enfant, lequel, alors qu'il est soutenu que la mère de l'enfant est en situation régulière, sans que cela ne soit utilement contesté par le préfet, n'a pas vocation à retourner en Tunisie. Dans ces conditions, le préfet de police a commis une erreur d'appréciation au vu des critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trente-six mois.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement n'appelle ni la délivrance d'un titre de séjour à M. B, ni le réexamen de sa situation. Par suite, les conclusions de M. B aux fins d'injonction présentées à ce titre doivent être rejetées. En revanche, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de supprimer le signalement de l'intéressé dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois, à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de procès :
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du préfet de police en date du 8 avril 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois est annulé.
Article 2 : Il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de supprimer le signalement de M. B dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois, à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Emmanuelle Topin, présidente-rapporteure,
- Mme Marik-Descoings, première conseillère ;
- M. Hémery, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
E. Topin
L'assesseure la plus ancienne,
,
N. Marik- Descoings La greffière,
A. Depousier
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512695
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le requérant, un ressortissant guinéen, contestait notamment la mesure au motif qu'il serait mineur. Le tribunal a jugé qu'il lui appartenait, saisi d'un recours suspensif, de statuer sur l'allégation de minorité avant de se prononcer sur la légalité de l'OQTF, conformément aux articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2528203
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par un ressortissant algérien contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, assorti d'une interdiction de retour. La juridiction a estimé que la décision était régulière, notamment quant à la compétence de la signataire, la motivation suffisante et l'examen de la situation personnelle du requérant. Elle s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses articles L. 611-1 et L. 612-10.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600391
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal estime que l'arrêté, pris par un agent disposant d'une délégation régulière, est légal et suffisamment motivé. Il constate que le préfet a respecté les exigences de vérification du droit au séjour et d'examen de la situation personnelle prévues par les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2526589
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant sénégalais, qui demandait l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait légalement exercé son pouvoir discrétionnaire pour apprécier l'opportunité d'une régularisation au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable via l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006. Elle a estimé que l'autorité administrative avait dûment pris en compte les éléments de la situation personnelle du requérant, sans méconnaître ses droits.
08/04/2026