vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408200 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | DELORME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, M. B A, représenté par Me Delorme, demande :
A titre principal :
1°) d'annuler la décision en date du 8 avril 2024 par laquelle C l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, et lui a interdit le retour sur le territoire français ;
2°) d'enjoindre à l'autorité Préfectorale de lui délivrer une carte de séjour temporaire et ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
A titre subsidiaire,
1°) d'annuler la décision de Monsieur C, portant interdiction de retour sur le territoire français ;
2°) d'enjoindre aux services préfectoraux de réexaminer la situation du requérant dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;
Dans tous les cas,
1°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de Justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
-la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
-elle est entachée d'une violation du droit d'être entendu ;
-elle est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le refus de délai de départ volontaire :
-le risque de soustraction n'est pas établi ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
-la décision est insuffisamment motivée ;
-la décision est disproportionnée
Vu, enregistré le 5 juin 2024, le mémoire présenté par C, représenté par le cabinet Actis Avocats, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Il soutient que les moyens de M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article
R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
- M. A n'étant ni présent, ni représenté ;
-le préfet de police n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant pakistanais né le 1er novembre 1997, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 par lesquels C a décidé qu'il serait éloigné sans délai du territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Les décisions attaquées mentionnent les considérations de fait et de droit sur lesquels elles se fondent. Elles visent notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et fait état d'éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. L'obligation de quitter le territoire mentionne en outre que l'intéressé s'est livré illégalement à une activité de taxi sans permis de conduire valable pour ce type d'activité, et ne justifie pas d'une résidence effective et permanentent, se déclare célibataire sans enfant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition du 8 avril 2024 que M. A a eu la possibilité de s'exprimer longuement sur sa situation et a répondu aux questions qui lui étaient posées. Par suite, le moyen tiré de violation du droit d'être entendu doit être écarté.
4. M. A a déclaré être célibataire et sans charge de famille en France et n'invoque aucun motif lié à sa vie privée. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
5. M. A n'apporte aucune pièce sur son lieu d'habitation bien qu'il dise résider dans le Val-d'Oise et n'apporte pas suffisamment d'éléments qui permettraient d'estimer que le risque de fuite n'est pas fondé. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article L. 612-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
7. La décision attaquée ne comporte pas tous les éléments prévus par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment des risques à l'ordre public que M. A représente. Cette durée de vingt-quatre mois est ainsi disproportionnée et doit, pour ce motif, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement qui n'annule que la décision refusant un délai de départ volontaire et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois ans, n'implique aucune mesure d'injonction. Les conclusions présentées sur ce point doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais d'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. A titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle C a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de vingt-quatre mois est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police
Rendu publique par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
D PERMALNAICK
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026