mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408239 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Vi Van, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugiée ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de travailler, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, cette somme lui sera versée directement.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- il y a urgence dès lors, d'une part, qu'elle ne peut justifier de la régularité de son séjour et risque d'être éloignée, d'autre part, qu'elle ne peut accomplir de démarches pour obtenir un logement social et, enfin, que les prestations sociales auxquelles elle a droit ont été suspendues.
Sur le doute sérieux :
- la décision a méconnu les stipulations et dispositions des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, L. 424-1, L. 424-2, R. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer, en faisant valoir que la requérante est invitée à se présenter en préfecture le 26 avril 2024 pour la prise de ses empreintes, dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, et lui a remis dans l'attente, le 16 avril 2024, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 15 juillet 2024.
Par un mémoire enregistré le 21 avril 2024, Mme A maintient ses demandes et particulièrement celles présentées au titre des frais d'instance, dès lors que seule la saisine du juge des référés a permis d'obtenir un renouvellement de son autorisation de séjour.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2408241 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Ramphort, greffière d'audience, M. Rohmer a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 18 juillet 1986, a été reconnue réfugiée par la Cour nationale du droit d'asile le 22 septembre 2023. Le 27 septembre 2023, elle a sollicité une carte de résident et a été mise en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 mars 2024. Par la requête susvisée, elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a repris l'instruction du dossier de demande de carte de résident de Mme A, en l'invitant à se présenter en préfecture le 26 avril 2024 pour la prise de ses empreintes digitales et lui a remis dans l'attente, le 16 avril 2024, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 15 juillet 2024 qui lui permet de travailler. Par suite, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme A sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais d'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Vi Val, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Mme A soit admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par le bureau d'aide juridictionnelle et que Me Vi Val renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 800 euros sera versée à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vi Van renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Vi Van, son avocate, une somme de 800 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 800 euros sera versée à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Vi Van et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 30 avril 2024.
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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