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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2408288

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2408288

lundi 15 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2408288
TypeOrdonnance
Avocat requérantTCHIAKPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024, M. A, représentée par Me Tchiakpe, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 par laquelle le préfet de police a classé sans suite sa demande de délivrance de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de police, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au prononcé du jugement sur le fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est présumée car il se trouvait en situation régulière au moment de sa demande de titre de séjour formulée dans l'année suivant son 18eme anniversaire ; elle est caractérisée car il a besoin d'un titre de séjour en cours de validité pour sa première année de BTS laquelle implique une présence en entreprise, un stage étant obligatoire.

Sur le moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 111-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'incompétence et le préfet a méconnu l'étendue de sa propre compétence ;

- elle méconnaît les articles R. 431-10 et R.431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 9 avril 2024 sous le n°2408290, tendant à l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". L'article L. 522-3 de code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.

3. M. A, ressortissant malgache né le 16 décembre 2003, est entré en France le 25 décembre 2018, à l'âge de quinze ans, muni d'un visa de long séjour " famille de français ". Il a été titulaire d'un document de circulation pour étranger mineur valable jusqu'au 15 décembre 2021. Il a déposé des demandes de titres de séjour les 15 juin 2021, 13 septembre 2022, 13 février 2024, classées sans suite par la préfecture de police, et en dernier lieu, le 25 février 2024, en qualité de " jeune majeur ". Le préfet de police a classé sans suite cette demande de titre de séjour le 11 mars 2024 au motif qu'il doit déposer sa demande sur l'ANEF " en qualité entrée en France sous visa D " famille de français ". Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé.

4. Il résulte de ce qui a été dit au point ci-dessus que M. A a déposé une première demande de titre de séjour et est en situation irrégulière depuis l'expiration le 15 décembre 2021 du document de circulation pour étranger mineur qui lui avait été délivré de sorte qu'il ne peut se prévaloir d'une présomption d'urgence. S'il fait valoir qu'il est inscrit en première année de BTS impliquant une présence en entreprise, il ressort toutefois de la plaquette produite au dossier qu'il s'agit d'un stage de six semaines qui est évalué dans le cadre de l'épreuve orale ponctuelle qui se déroule à l'issue du BTS. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts nécessitant l'intervention rapide du juge des référés. Par suite, la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée, en l'espèce, comme satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité ci-dessus.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Tchiakpe.

Fait à Paris, le 15 avril 2024.

La juge des référés,

M. Salzmann

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408288

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