mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408319 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2024, M. B A, représenté par Me Poulet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts et Métiers (ENSAM) de Paris à statuer sur sa situation en prenant officiellement une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de l'ENSAM de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est constituée, dès lors qu'il est privé de son droit à une formation ; en effet, il ne peut accéder aux examens et de valider son année académique ; de plus le silence de l'ENSAM l'empêche de commencer les démarches pour retrouver un nouveau CFA en vue de la validation de son parcours académique professionnel et pour lesquelles il ne dispose que d'un délai de deux mois ;
- la mesure qu'il sollicite est utile dans la mesure où il a besoin qu'une décision soit prise par l'ENSAM sur sa situation pour qu'il puisse décider de son avenir professionnel.
La requête a été communiquée le 16 avril 2024 à l'ENSAM qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. M. A est inscrit, au titre de l'année académique 2023-2024, en dernière année dans le cadre du diplôme " ingénieur génie énergétique " à Paris, à l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM). Ce diplôme est réalisé en alternance et en partenariat avec un centre de formation d'apprentis (CFA) de droit privé, le CFA Ingénieurs 2000. Le requérant a fait l'objet d'une procédure disciplinaire par le CFA Ingénieurs 2000, qui l'a exclu définitivement par une décision du 27 décembre 2023 rendue par le conseil de discipline du CFA. Le requérant a contesté cette décision, ce qui a entraîné une nouvelle procédure disciplinaire ayant également aboutit à une décision d'exclusion définitive rendue le 2 février 2024 par le conseil de l'exclusion pédagogique de cette structure. Suite à la décision du 27 décembre 2023, l'employeur de M. A, a résilié son contrat d'alternance. Par un courrier du 29 février 2024, M. A a demandé à l'ENSAM sa réintégration. Par la requête susvisée, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3, d'enjoindre à l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts et Métiers (ENSAM) de Paris à statuer sur sa situation en prenant officiellement une décision.
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. M. A fait valoir, dans être contredit, que sa carte d'étudiant de l'ENSAM a été désactivée à la suite des décisions d'exclusion mentionnées au point 2 et qu'il ne peut plus accéder ni aux cours ni aux examens. Cette situation doit être regardée, en l'état de l'instruction, comme révélant l'existence d'une décision d'exclusion prise à l'encontre de M. A par l'ENSAM. Dès lors, l'existence de cette décision, qu'elle soit ou non régulière, fait obstacle à la mise en œuvre par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il appartient à M. A, s'il s'y croit fondé, de présenter une requête tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, selon la procédure d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête susvisée de M. A sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers.
Fait à Paris, le 7 mai 2024.
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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