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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2408349

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2408349

mardi 7 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2408349
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantCABINET THEMIS AVOCATS & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B, détenu, qui contestait le refus du garde des sceaux de le transférer du centre de détention de Valence vers celui d'Avignon. Le juge a qualifié cette décision de refus de transfert de mesure d'ordre intérieur, insusceptible de recours pour excès de pouvoir, car elle n'affectait pas ses libertés et droits fondamentaux de manière substantielle. Les arguments du requérant, fondés sur la difficulté pour sa mère malade de lui rendre visite depuis Marseille, ont été jugés insuffisants pour démontrer une atteinte excédant les restrictions inhérentes à la détention. La requête a été rejetée comme manifestement irrecevable en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, M. A B, représenté par la SCP Thémis avocats et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 21 décembre 2023 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a refusé son transfert du centre de détention de Valence vers le centre de pénitentiaire d'Avignon le Pontet ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice d'ordonner son transfert vers le centre pénitentiaire d'Avignon dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 août 2024.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2.Par une décision du 21 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice a ordonné le maintien de M. B au centre pénitentiaire de Valence, dans le département de la Drôme, dont il en demande l'annulation.

3.Les décisions de changement d'affectation ou de refus de transfert, entre établissements de même nature ne constituent pas des actes administratifs susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus.

4. M. B soutient que la décision attaquée affecte de manière substantielle ses droits fondamentaux, dès lors qu'elle restreint de manière considérable son droit de recevoir des visites familiales et notamment de sa mère, malade, qui réside à Marseille. Il fait valoir qu'il ne reçoit aucune visite en détention, n'a pas vu sa mère depuis de nombreuses années et que cette situation est de nature à le priver de la possibilité d'organiser les meilleures conditions de sa réinsertion sociale. Toutefois, les seuls justificatifs de domicile, certificat médical et courrier concernant sa mère, aux fins d'établir les difficultés pour celle-ci de rendre visite à son fils incarcéré dans le département de la Drôme, alors qu'elle réside à Marseille, ne sont pas de nature à démontrer que la décision attaquée serait susceptible de porter atteinte, dans des conditions qui excèdent les restrictions inhérentes à la détention, au droit de M. B de maintenir une vie familiale, ni comme remettant en cause ses libertés et ses droits fondamentaux. Par suite, cette décision constitue une mesure d'ordre intérieur qui est insusceptible de recours.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable et il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice et à la SCP Thémis avocats et associés.

Fait à Paris, le 7 janvier 2025.

Le vice-président de la 6ème section,

J-P. Ladreyt

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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