jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408561 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | RIVOAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2024, M. B A, représenté par Me Rivoal, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans le délai de 8 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence se présume s'agissant du refus de renouvellement d'un titre de séjour, et dès lors qu'il ne peut plus justifier de la régularité de son séjour, que ses droits sociaux ont été suspendus et que cette situation est incompatible avec son état de santé ;
Sur le doute sérieux :
- la décision n'est pas motivée ;
- elle a méconnu les stipulations des alinéas 5 et 7 de l'article 6 et de l'article 7 de l'accord franco-algérien modifié, ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- par un arrêté, qui a été notifié le 11 décembre 2023, la demande du requérant a été rejetée, cet arrêté se substitue à la décision implicite attaquée, et a été assorti d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, par conséquent la requête au fond enregistrée sous le numéro 2408565 est tardive, et à défaut de recours au fond, la présente requête est irrecevable ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie et les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée sous le numéro 2408565, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Vidal, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, Mme Vidal a lu son rapport et entendu :
-les observations de Me Rivoal, avocat de M. A, qui persiste dans ses moyens et conclusions, et soutient en outre que sa requête est recevable ;
-les observations de Me Faugeras, pour le préfet de police, qui persiste dans ses moyens et conclusions.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Deux notes en délibéré ont été enregistrées au greffe du tribunal les 24 et 25 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 27 janvier 1988, est entré en France le 30 août 2016 selon ses déclarations. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 28 avril 2023 et a été mis en possession de récépissés dont le dernier a expiré le 16 février 2024. Par la présente requête il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet a implicitement rejeté sa demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".
3. Aux termes de l'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. "
4. Il résulte de l'instruction qu'un arrêté du préfet de police refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours lui a été régulièrement notifié, mais est revenu avec la mention " pli avisé non réclamé ", le 11 décembre 2023.Cette décision s'est substituée à la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour déposée par M. A. Le requérant qui avait donc jusqu'au 11 janvier 2024 pour contester la décision attaquée, n'a introduit son recours en annulation que le 13 avril 2024. Dans ces conditions, la requête en annulation de la décision contestée qui a été enregistrée sous le numéro 2408565 est tardive, et par suite irrecevable. Par voie de conséquence, la présente requête, introduite sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est irrecevable. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet de police doit être accueillie.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Rivoal, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 25 avril 2024.
La juge des référés,
S. VIDAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.