lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408706 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | COTTA |
Vu la procédure suivante :
Vu la requête et le mémoire enregistrés le 26 et le 29 avril 2024, présentés par M. B D, retenu au centre de rétention de Paris-Vincennes, représenté par Me Cotta, qui demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les arrêtés du 13 avril 2024 par lesquels le préfet de police a décidé qu'il serait éloigné sans délai du territoire français, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois ;
2°) d'annuler la décision de placement en rétention ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
En ce qui concerne la décision de placement an centre de rétention administrative :
-cette décision est incompatible avec l'obligation du requérant de respecter les obligations de son contrôle judicaire ;
-cette décision est incompatible avec son état de santé ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle
-la décision est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi de délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle
-la décision est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
-la décision viole les dispositions des articles L.612-1 et L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
En ce qui concerne le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
-la décision est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le pays de renvoi n'est pas précisé
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'une incompétence de son auteur ;
-la décision est entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
-la décision est entachée d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article
R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
- les observations de Me Chouaieb, substituant Me Cotta, représentant M. D, assisté de Mme A E, interprète en langue ourdou,
- et les observations de Me Doucet, pour le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant pakistanais né le 1er avril 1982, demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 13 avril 2024 par lesquels le préfet de police a décidé qu'il serait éloigné sans délai du territoire français, fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois, ainsi que la décision de placement en rétention.
Sur la décision de placement en rétention :
2. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la décision par laquelle le préfet de police décide de la mise en placement d'un étranger en situation irrégulière. Les conclusions tendant à l'annulation de cette décision doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions : :
3. Par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-511 du 11 septembre 2023, le préfet de police a donné à M. C F, attaché d'administration de l'État, directement placé sous l'autorité de la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ( ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
5. Les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait en application desquelles elles ont été prises et indiquent également avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles elles sont fondées, tirées notamment de ce que le comportement du requérant a, le 12 avril 2024, été signalé pour agression sexuelle le 29 mars 2023 ainsi que pour des faits similaires le 14 août 2020, que ces faits constituent une menace pour l'ordre public, qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 26 mars 2019 à laquelle il s'est soustrait, qu'il se déclare marié à une femme pakistanaise vivant au Pakistan, sans enfant à charge. Le moyen tiré de ce que les décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
6. Au regard des faits graves pour lesquels il a été signalé, mentionnés avec détail dans le procès-verbal de police joint au dossier, les moyens tirés de et parce qu'il est célibataire et sans charge de famille en France, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 5 qui constituent la motivation de la décision, les moyens tirés la violation de l'article 27 de la directive 20004/38/CE du 29 avril 2004, de l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
8. Au regard des faits graves pour lesquels il a été signalé et fait l'objet d'une procédure judicaire, la circonstance qu'il a un frère en France ayant la nationalité française n'est à elle seule pas suffisante pour établir l'existence d'une vie privée et familiale intense. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points précédents, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de cette décision doit être écarté.
Sur le refus d'octroi de délai de départ volontaire :
10. Au regard de faits graves pour lesquels il a été interpelé et rappelés au point 3, le préfet de police n'a pas commis d'erreur de droit en refusant au requérant un délai de départ volontaire. Les circonstances qu'il serait proche de son frère, travaille en France depuis onze ans, ne sont à elles seules pas suffisantes pour démontrer son insertion dans la société française. De même l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire du tribunal correctionnel de Paris en date du 13 avril 2024 n'interdit pas au préfet de refuser un délai de départ volontaire. Le requérant pourra en outre se faire représenter pour sa défense devant le tribunal judicaire par son avocat. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions des articles L.612-1 et L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés de cette décision doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
11. Le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales s'agissant du pays de renvoi laissé à l'appréciation de l'administration en fonction de sa situation personnelle, est dépourvu de toute précision et doit dès lors, être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions et, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de police.
Lu en audience publique le 29 avril 2024.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLa greffière,
A. DEPOUSIER
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026