mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408748 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | TOUJAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2024, M. A B, représenté par Me Toujas, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle à titre provisoire ainsi que, sans délai, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours et de lui accorder, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de cinq jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à verser à M. B dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- la situation d'urgence est caractérisée ;
- un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée existe dès lors qu'elle n'est pas suffisamment motivée et méconnait les articles L. 424-11 et R. 424-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la requête enregistrée sous le numéro 2408749 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Halard pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant afghan né en 1988, a déposé le 26 septembre 2023 une demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, qu'il s'est vu octroyer par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 15 septembre 2023. Le préfet de police lui a par ailleurs délivrer une attestation de prolongation d'instruction attestant la régularité de son séjour jusqu'au 25 mars 2024. Si M. B se prévaut de l'urgence de sa situation en indiquant qu'il se trouve placé en situation irrégulière, il est constant que la décision litigieuse concerne une première demande et non une demande de renouvellement de titre de séjour. Il donne par ailleurs très peu de précisions sur sa situation en France et ses conditions d'existence, et se borne en particulier à alléguer, sans l'établir, que la décision litigieuse le prive de toute prestation sociale ainsi que de l'emploi d'ouvrier qu'il a effectué en février 2024 en qualité d'intérimaire.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B ne peut se prévaloir d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter le surplus de sa requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2er : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Toujas.
Fait à Paris, le 17 avril 2024.
Le juge des référés,
G. HALARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.