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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2408844

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2408844

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2408844
TypeDécision
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET PLANCHE, MAMOUDY, RAMALHO (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 16 avril et 16 mai 2024, M. B A, représenté par Me Lebon-Mamoudy, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles le préfet de police a refusé le renouvellement, d'une part, de son récépissé de carte de séjour et, d'autre part, de sa carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident et un récépissé de demande de carte de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 ou de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le même délai ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions contestées sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'erreur de droit dès lors qu'il continue de remplir l'ensemble des conditions requises pour la délivrance de la carte de résident.

Le préfet de police, mis en demeure de produire ses observations par un courrier du 24 juin 2024, n'a pas produit de mémoire en défense et doit être réputé avoir acquiescé aux faits.

Par une ordonnance du 24 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamarche,

- et les observations de Me Lebon-Mamoudy, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant béninois né le 18 juillet 1994, est entré en France le 20 février 2006 pour y rejoindre son père, de nationalité française. Il a été scolarisé en France et a obtenu le baccalauréat professionnel au cours de l'année 2012. Le 7 juillet 2011, l'intéressé s'est vu délivrer une carte de résident valable jusqu'au 6 juillet 2021 sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur dont il sollicité le renouvellement. M. A a été mis en possession de récépissés de demande de carte de séjour régulièrement renouvelés jusqu'au 27 octobre 2023. Par la présente requête, M. A sollicite l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de police a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident et son récépissé de demande de carte de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur version en vigueur à compter du 28 janvier 2024 : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit. "

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'une carte de résident valable du 7 juillet 2011 au 6 juillet 2021 dont il a demandé le renouvellement et qu'il justifie d'une résidence habituelle en France. Il soutient, sans être contredit, qu'il continue de remplir l'ensemble des conditions requises pour la délivrance de la carte de résident et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne les remplit pas. Le préfet de police, qui n'a pas produit de mémoire en défense en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 24 juin 2024, est de ce fait réputé avoir acquiescé aux faits dont l'inexactitude ne ressort pas de ces pièces. Par suite, M. A est à soutenir que le refus de renouvellement de sa carte de résident qui lui est opposé est entaché d'erreur de droit.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à obtenir l'annulation de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté la demande de renouvellement de la carte de résident dont il était titulaire.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que le préfet de police, ou le préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé, délivre une carte de résident d'une durée de dix ans à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et le munisses, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de cette même date.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de renouveler la carte de résident de M. A est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé de délivrer une carte de résident valable dix ans à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de cette même date.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Lamarche, première conseillère,

M. Maréchal, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

M. LamarcheLe président,

F. Ho Si FatL'assesseure la plus ancienne,

C. Kante

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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