vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2408890 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 12 - Chambre 3 - OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | CABINET INTERBARREAUX MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 avril 2024 et 28 mai 2024, M. B A, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui restituer sa carte nationale d'identité marocaine ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
- l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français n'est pas motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est fondée sur une base légale erronée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- dans l'hypothèse où M. A justifierait d'une entrée régulière sur le territoire, il demande de substituer au 1e de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 2e du même article comme base légale de l'obligation de quitter le territoire français ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 29 mai 2024 :
- le rapport de Mme Dhiver,
- et les observations de Me Cabral de Brito, substituant Me Monconduit, avocate de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée le 31 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 18 août 1982, demande l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2024, pris sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné à l'issue de ce délai.
Sur la légalité de l'arrêté du préfet de police du 4 avril 2024 :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A est présent sur le territoire depuis plus de six ans et qu'il est employé en contrat à durée indéterminée depuis le 1er février 2022, d'abord en qualité de chauffeur livreur puis en qualité de vendeur. Le préfet de police ne fait nullement état de ces circonstances dans son arrêté du 4 avril 2024 et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il les a prises en compte avant de faire obligation à M. A de quitter le territoire français. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le préfet de police n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle avant de prendre l'arrêté attaqué.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 4 avril 2024.
Sur l'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "
5. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français faite à M. A implique, en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de munir M. A d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6. Enfin, alors qu'il ne résulte pas des pièces versées au dossier que M. A aurait remis sa carte nationale d'identité marocaine lors de son audition par les services de police, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de police de lui restituer ce document.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 4 avril 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : l'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de police et à Me Monconduit.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La présidente,
Signé
M. DhiverLe greffier,
Signé
P. Elie
La République mande et ordonne au Préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/12-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424096
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté le moyen d’incompétence de l’auteur de l’acte, en raison d’une délégation de signature régulière. Il a également jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article L. 513-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’était pas fondé, faute d’éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424084
Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal écarte le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte, une délégation de signature régulière ayant été accordée. Il rejette également le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant d'apporter des éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions à fin d'injonction.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2423685
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La juridiction a jugé que l'arrêté était signé par une autorité compétente et suffisamment motivé, et que le droit d'être entendu du requérant n'avait pas été méconnu. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, le tribunal estimant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. Cette décision a été prise en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et L. 613-1, ainsi que des principes généraux du droit de l'Union européenne.
22/05/2025