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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2409031

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2409031

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2409031
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantCHOUKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 avril 2024, 19 avril 2024 et 1er juillet 2024, M. B A, représenté par Me Chouki demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 36 mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à Me Chouki, au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît le principe de non-refoulement s'il était renvoyé au Cameroun ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 36 mois :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est illégale en raison des conséquences de son inscription au système d'information Schengen ;

- sa présence n'est pas constitutive d'une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 23 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 6 août 2024.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du tribunal judiciaire de Paris du 3 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement n° (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Topin ;

- et les observations de Me Chouki avocate de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant camerounais, né le 7 décembre 1991, est entré en France le 11 février 2021 selon ses déclarations. Il a été mis en possession d'une carte de séjour en sa qualité de réfugié, délivrée par les autorités italiennes. Par un jugement n° 2211847 du 1er juillet 2022, le tribunal administratif de Paris a, d'une part, annulé l'arrêté du 15 mai 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et, d'autre part, a enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la situation de M. A et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. En exécution de ce jugement, le préfet de police a procédé au réexamen de la situation de M. A et, après avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a rejeté, par un arrêté du 6 juin 2023, sa demande de délivrance de titre de séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 avril 2024, notifié le même jour par voie administrative à 18 heures 20, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 36 mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. Par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. C D, attaché principal d'administration de l'Etat, placée sous l'autorité de la cheffe de bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour prendre la décision portant obligation de quitter le territoire français. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de M. A, il lui permet de comprendre les motifs de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.

5. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est assorti d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire :

6. En premier lieu, compte tenu de ce qui été aux points 2 à 5, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "

8. L'arrêté attaqué vise les dispositions du L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique également, avec suffisamment de précision, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour prendre l'arrêté attaqué. En effet, il résulte des termes de l'arrêté du 16 avril 2024 que pour refuser à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de police s'est fondé sur des motifs tirés de ce que, d'une part, le comportement de l'intéressé est constitutif d'une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a fait l'objet, le 21 janvier 2024, d'un signalement par les services de police pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique et, d'autre part, qu'il existe un risque que l'intéressé se soustrait à l'obligation de quitter le territoire français, que ce risque est caractérisé par la double circonstance qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement en date du 6 juin 2023 et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé.

9. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.

10. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est assorti d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et il y a lieu de l'écarter.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

En ce qui concerne le pays dont l'intéressé a la nationalité :

11. Il est constant que M. A a été reconnu réfugié en Italie à raison des risques personnels de traitements inhumains ou dégradants qu'il serait susceptible d'encourir en cas de retour dans son pays d'origine. En fixant le Cameroun comme pays vers lequel l'intéressé serait susceptible d'être reconduit, le préfet de police a par suite méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens relatifs à la décision fixant le Cameroun comme pays de destination, d'annuler cette décision en tant qu'elle fixe le Cameroun comme pays vers lequel M. A pourrait être renvoyé.

En ce qui concerne tout autre pays dans lequel l'intéressé pourrait être admissible :

12. En premier lieu, compte tenu de ce qui été aux points 2. à 5., le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les conditions de fait relatives à la situation de l'intéressé. Par suite, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé.

14. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4., le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de M. A doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "

16. M. A n'invoque aucun risque ou crainte auxquels il serait personnellement exposé s'il devait se rendre en Italie. Le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 36 mois :

17. En premier lieu, pour les motifs exposés aux points 2. à 5., M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français.

18. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées visent notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments relatifs à la durée de la présence en France de M. A, la circonstance que le comportement de l'intéressé a été signalé par les services de police le 27 janvier 2024 pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Elles mentionnent également sa soustraction à une précédente obligation de quitter le territoire du 6 juin 2023 et que l'intéressé s'est déclaré célibataire et sans enfant à charge. Elles comportent ainsi la mention des éléments de droit et des considérations de fait qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées.

19. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ou des décisions attaquées que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.

20. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ".

21. La seule circonstance que M. A ait été reconnu réfugié en Italie ne caractérise pas une erreur manifeste d'appréciation du préfet dans l'appréciation des circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. Au regard de sa situation personnelle et familiale et compte tenu de sa soustraction à une précédente obligation de quitter le territoire, et quand bien même il ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.

22. En dernier lieu, d'une part aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. ". D'autre part, aux termes de l'article 28 du règlement n° (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil 28 novembre 2018 : " Lorsqu'un État membre a pris une décision visée à l'article 24, paragraphe 1, et envisage d'introduire un signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour concernant un ressortissant de pays tiers qui est titulaire d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité octroyé par un autre État membre, les États membres concernés se consultent, par la voie d'échange d'informations supplémentaires, conformément aux règles suivantes: / a) l'État membre qui a pris la décision visée à l'article 24, paragraphe 1, informe l'État membre d'octroi de sa décision ; () e) dans un délai de 14 jours civils à compter de la réception de la demande de consultation, l'État membre d'octroi notifie sa décision à l'État membre qui a pris la décision visée à l'article 24, paragraphe 1, ou, si l'État membre d'octroi n'a pas pu prendre de décision dans ce délai, lui adresse une demande motivée de prolongation exceptionnelle du délai de réponse de maximum 12 jours civils supplémentaires ; f) lorsque l'État membre d'octroi informe l'État membre qui a pris la décision visée à l'article 24, paragraphe 1, qu'il maintient le titre de séjour ou le visa de long séjour, l'État membre qui a pris la décision n'introduit pas de signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour. ". Et aux termes de l'article 29 de ce même règlement : " Lorsqu'il apparaît qu'un État membre a introduit un signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour concernant un ressortissant de pays tiers qui est titulaire d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité octroyé par un autre État membre, les États membres concernés se consultent, par la voie d'échange d'informations supplémentaires, conformément aux règles suivantes : a) l'État membre signalant informe l'État membre d'octroi du signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour ; / () e) dans un délai de 14 jours civils à compter de la réception de la demande de consultation, l'État membre d'octroi notifie sa décision à l'État membre signalant ou, si l'État membre d'octroi n'a pas pu prendre de décision dans ce délai, lui adresse une demande motivée de prolongation exceptionnelle du délai de réponse de maximum 12 jours civils supplémentaires ; f) lorsque l'État membre d'octroi informe l'État membre signalant qu'il maintient le titre de séjour ou le visa de long séjour, l'État membre signalant supprime immédiatement le signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour. ".

23. Si M. A soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français a des conséquences préjudiciables dès lors qu'il sera inscrit au système d'information Schengen, et alors qu'il disposerait en Italie d'une carte de séjour valable jusqu'en 2029 selon les assertions du préfet, il ressort des dispositions des articles 28 et 29 du règlement n° (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil 28 novembre 2018 que dès lors que l'étranger dispose d'un titre de séjour en cours de validité dans un autre Etat de l'Union européenne, les autorités françaises sont tenues de saisir les autorités de cet Etat, et si ces dernières confirment le maintien de ce titre de séjour, l'étranger ne peut être signalé aux fins de non admission et d'interdiction de séjour dans le système d'information Schengen ou son signalement doit être supprimé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'illégalité de l'interdiction de retour sur le territoire français à raison du signalement de M. A aux fins de non admission et d'interdiction de séjour doit être, en tout état de cause, écarté.

Sur les frais liés au litige :

24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme demandée par M. A, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 16 avril 2024 est annulé en tant qu'il a fixé le Cameroun comme pays vers lequel M. A pourrait être reconduit.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de police et à Me Chouky.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Topin, présidente-rapporteure ;

- M. Martin-Genier, premier conseiller ;

- M. Hémery, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

E. Topin

L'assesseur le plus ancien,

P. Martin-Genier

La greffière,

E. Cardoso

***

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8

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