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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2409033

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2409033

vendredi 19 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2409033
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantDRIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Dridi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de l'Essonne de transmettre la demande de renouvellement de son titre de séjour, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle justifie d'une situation d'urgence, dès lors que, faute de renouvellement de son titre de séjour et étant démunie d'un récépissé valide, elle ne peut plus circuler sur le territoire et est privée de ses droits sociaux, notamment l'allocation adulte handicapée qu'elle percevait ;

- une atteinte grave et manifestement illégale est portée à sa liberté d'aller et venir, à son droit à la santé et à la liberté de mener une vie privée et familiale normale, alors qu'elle vit en France depuis 1987.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2024.

Le président du tribunal a désigné Mme Marchand pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 28 janvier 1964, ressortissante congolaise, demande au juge des référés d'ordonner au préfet de l'Essonne de transmettre au préfet de police sa demande de renouvellement de titre de séjour, classée sans suite le 30 août 2023 à la suite d'un changement de domicile.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et aux termes de l'article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.

3. Il n'y a urgence à ordonner la suspension d'une décision administrative que s'il est établi qu'elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu'il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise par le juge des référés dans les quarante-huit heures.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence, la requérante fait valoir que la décision du 30 août 2023 de classement sans suite de sa demande de renouvellement de son titre de séjour par le préfet de l'Essonne et l'absence de transmission de son dossier au préfet de police à la suite de son changement de domicile a eu pour conséquence l'arrêt du versement de son allocation aux adultes handicapés et la prive de ressources. Toutefois, la requérante n'a introduit sa requête que le 17 avril 2014, soit plus de six mois après la notification de classement sans suite de sa demande et plus de quatre mois après l'information de la préfecture de police que son dossier était traité par la préfecture de l'Essonne. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas de circonstances caractérisant une situation particulière nécessitant l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence particulière, exigée par les dispositions de l'article L.521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est donc pas satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à Me Dridi.

Fait à Paris, le 19 avril 2024.

La juge des référés,

A. MARCHAND

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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