vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2409038 |
| Type | Décision |
| Formation | Section 12 - Chambre 3 - OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | BARKAT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 avril 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B A, enregistrée le 6 avril 2024.
Par cette requête, M. A, représenté par Me Barkat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une base légale erronée et une erreur de fait dès lors qu'il justifie être entré régulièrement sur le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'accord franco-sénégalais et son avenant du 25 février 2008 en ce qu'aucune aide au retour volontaire ne lui a été proposée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il présente des garanties de représentation suffisantes ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement.
- l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas motivée ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 29 mai 2024 :
- le rapport de Mme Dhiver,
- et les observations de Me Barkat, avocat de M. A. Il indique qu'il abandonne son moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte et soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.
Lors de l'audience publique, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la substitution du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au 1° du même article comme base légale de l'obligation de quitter le territoire français. M. A a présenté des observations sur ce moyen d'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 11 avril 2001, demande l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2024, pris sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel est éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur la légalité de l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 avril 2024 :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A est présent sur le territoire depuis avril 2021 et qu'il travaille depuis le mois de décembre 2022 en qualité de plongeur puis de commis de cuisine. Le préfet des Yvelines ne fait nullement état de ces circonstances dans son arrêté du 4 avril 2024 et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il les a prises en compte avant de faire obligation à M. A de quitter le territoire français. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le préfet des Yvelines n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle avant de prendre l'arrêté attaqué.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 avril 2024.
Sur l'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "
5. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français faite à M. A implique seulement, en application des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de munir M. A d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Yvelines du 4 avril 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet des Yvelines et à Me Barkat.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La présidente,
Signé
M. DhiverLe greffier,
Signé
P. Elie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/12-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424096
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté le moyen d’incompétence de l’auteur de l’acte, en raison d’une délégation de signature régulière. Il a également jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article L. 513-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’était pas fondé, faute d’éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424084
Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal écarte le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte, une délégation de signature régulière ayant été accordée. Il rejette également le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant d'apporter des éléments circonstanciés établissant des risques personnels en cas de retour au Bangladesh. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions à fin d'injonction.
22/05/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2423685
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait un arrêté du préfet de police du 11 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La juridiction a jugé que l'arrêté était signé par une autorité compétente et suffisamment motivé, et que le droit d'être entendu du requérant n'avait pas été méconnu. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, le tribunal estimant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. Cette décision a été prise en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et L. 613-1, ainsi que des principes généraux du droit de l'Union européenne.
22/05/2025