vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2409057 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, M. D, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant reconnu réfugié, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident valable 10 ans, dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, lui enjoindre de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et ce jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de prévoir qu'en cas de non admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera directement versée en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision attaquée constituant une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'urgence est présumée ; par ailleurs, la décision attaquée l'empêche de travailler ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
-la décision attaquée n'est pas motivée ;
-elle a été prise par une autorité incompétente ;
-elle méconnait les articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en suspension et en injonction de M. C et au rejet des conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que M. C a été invité à se présenter le 26 avril 2024 à la préfecture de police en vue de la reprise de l'instruction de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié et de la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler faisant ainsi perdre son objet à la requête.
Par un mémoire, enregistré au greffe le 30 avril 2024, M. D, représenté par Me Rosin, déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction et maintenir ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 avril 2024 sous le numéro 2409055 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Evgénas pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Evgénas a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue, le 30 avril 2024, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D ressortissant ivoirien né le 20 août 1978 est entré en France le 28 novembre 2017. A compter du 5 novembre 2018, il a "été mis en possession d'un titre de séjour pour motif médical, le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable du 30 novembre 2022 au 29 novembre 2023. Sa fille, la jeune B C, née à Paris le 29 décembre 2019 ayant obtenu la qualité de réfugié le 6 juillet 2022, à l'occasion de sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. C a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en tant que parent d'enfant réfugié. Il demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande formulée en août 2023 de délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant reconnu réfugié, sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission à titre provisoire de M. C à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de M. C :
4. Par un acte, enregistré au greffe le 30 avril 2024, M. D déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple, il y a lieu d'en donner acte.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant avait bien déposé un dossier complet pour le renouvellement de son titre de séjour, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Rosin en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C, la somme de 1 000 euros lui sera directement versée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. C de ses conclusions en suspension et en injonction.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 000 euros à Me Rosin en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C, la somme de 1 000 euros lui sera directement versée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 3 mai 2024.
La juge des référés,
J. EVGENAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.