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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2409743

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2409743

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2409743
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantGATEAU-LEBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 22 avril 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Paris la requête par laquelle M. B A, représenté par Me Gateau Leblanc, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'ensemble de l'arrêté :

- l'arrêté est inexistant car il n'est pas signé.

Vu le courrier enregistré le 3 mai 2024, par lequel le préfet du Val d'Oise verse au dossier l'arrêté du 3 mai 2024 abrogeant l'arrêté litigieux du 4 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article

R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin-Genier.

Considérant ce qui suit :

1.M. B A, ressortissant bangladais né le 8 octobre 1975, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Par un arrêté du 3 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise a abrogé la décision litigieuse du 4 avril 2024. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive. Le préfet du val d'Oise n'a pas formulé d'observations à la suite de cette décision d'abrogation mais, en versant cet arrêté, il doit être regardé comme demandant au tribunal de statuer par un non-lieu. Toutefois, en l'espèce, le préfet du Val d'Oise n'apporte pas la preuve que cet arrêté n'aurait pas reçu un début d'exécution. En tout état de cause, cette abrogation n'est pas définitive à la date où le tribunal statue. Dès lors, il y a lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 avril 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". En l'espèce, l'arrêté litigieux du préfet du Val-d'Oise ne comporte aucune de ces mentions. Il doit dès lors, pour ce seul motif, être annulé.

Sur les frais de l'instance :

3. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 100 euros que demande le requérant au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du val d'Oise du 4 avril 2024 est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 100 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

Le magistrat désigné,

P. MARTIN-GENIERLe greffier,

R. DRAI

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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