lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2409820 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 22 et 23 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Hug, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 5 mars 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 4 mars 2024, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce à percevoir le montant de la rétribution due au titre de l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite dès lors qu'elle se trouve dans une grande précarité matérielle, étant sans logement et devant dormir dans la rue ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors que celle-ci est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation personnelle, de vices de procédure tenant à l'absence de prise en compte de sa vulnérabilité et au défaut de formation spécifique de l'agent ayant conduit l'entretien de vulnérabilité, d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il a accordé à Mme A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 30 avril 2024 et qu'elle sera hébergée à compter du 7 mai 2024.
Par un mémoire enregistré le 2 mai 2024, Mme A déclare se désister de ses conclusions en suspension et injonction et maintenir ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 11 avril 2024 sous le numéro 2408284, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sorin, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Sorin a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 3 mai 2024 en présence de Mme Agricole, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante guinéenne, née le 17 juillet 1999, soutient être arrivée en France le 30 novembre 2023. Elle a présenté une demande d'asile enregistrée au guichet unique le 25 janvier 2024, avant d'être convoquée le 26 janvier suivant en préfecture. Lors de cette convocation, Mme A s'est vue à nouveau convoquée le 1er mars 2024, et sa demande d'asile n'a été enregistrée que le 4 mars suivant. Par une décision du 5 mars 2024, l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle aurait présenté sa demande d'asile plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée en France, sans motif légitime. Par un courriel en date du 8 avril 2024, l'intéressée a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès du directeur général de l'OFII, resté sans réponse. Mme A demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 mars 2024 par laquelle l'OFII a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions :
3. Par un mémoire enregistré le 2 mai 2024, Mme A déclare se désister de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. Ainsi qu'il a été dit, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Hug, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Hug de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions en suspension et en injonction de Mme A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Hug renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII versera à Me Hug, avocate de Mme A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 13 mai 2024.
Le juge des référés,
J. SORIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2