vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2410122 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requêt,e enregistrée le 23 avril 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mars 2024 par laquelle la commission d'attribution des logements de l'office public de l'habitat (OPH) Paris Habitat a rejeté sa candidature à l'attribution d'un logement adapté à ses besoins.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il se trouve en situation de suroccupation puisqu'il vit dans un studio de 26,75 m² avec son épouse et leur fille âgée de 16 mois, et que le logement dont il est propriétaire est donné à bail à une personne en situation de handicap.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, Paris Habitat-OPH, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme de Schotten pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, Mme de Schotten a lu son rapport et entendu les observations de M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, locataire d'un logement de type T1 relevant du parc locatif du bailleur social Paris-Habitat OPH, s'est porté candidat à l'attribution d'un logement de type T3 situé 95 avenue Simon Bolivar à Paris relevant du même bailleur. Par une décision du 6 mars 2024, la commission d'attribution des logements de Paris Habitat-OPH a rejeté sa candidature. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 441 du code de la construction et de l'habitation : " L'attribution des logements locatifs sociaux participe à la mise en œuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées. / L'attribution des logements locatifs sociaux doit notamment prendre en compte la diversité de la demande constatée localement ; elle doit favoriser l'égalité des chances des demandeurs et la mixité sociale des villes et des quartiers. () ". Aux termes de l'article L. 441-1 du même code : " Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-2-9 détermine les conditions dans lesquelles les logements construits, améliorés ou acquis et améliorés avec le concours financier de l'Etat ou ouvrant droit à l'aide personnalisée au logement et appartenant aux organismes d'habitations à loyer modéré ou gérés par ceux-ci sont attribués par ces organismes. Pour l'attribution des logements, ce décret prévoit qu'il est tenu compte notamment du patrimoine, de la composition, du niveau de ressources et des conditions de logement actuelles du ménage, de l'éloignement des lieux de travail et de la proximité des équipements répondant aux besoins des demandeurs. () ". Aux termes de l'article L. 441-2-2 du même code : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution. / Le fait pour l'un des membres du ménage candidat à l'attribution d'un logement social d'être propriétaire d'un logement adapté à ses besoins et capacités ou susceptible de générer des revenus suffisants pour accéder à un logement du parc privé peut constituer un motif de refus pour l'obtention d'un logement social, sauf lorsque le membre du ménage candidat à l'attribution bénéficie ou a bénéficié d'une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales en application du titre XIV du livre Ier du code civil. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus ".
4. Pour refuser d'attribuer un logement social de type T3 à M. A, la commission d'attribution des logements de Paris-Habitat OPH a relevé que celui-ci était propriétaire d'un autre logement, ce que le requérant ne conteste pas. Si ce dernier fait valoir que ce logement est actuellement donné à bail à une personne en situation de handicap, ce qui ne lui permet pas de dénoncer ce bail, il n'est pas non plus contesté que cette location lui procure le versement d'un loyer mensuel de 850 euros. En outre, le requérant a indiqué à l'audience qu'il avait renouvelé le bail de son locataire, postérieurement à la décision attaquée. En l'absence de tout autre élément établissant que M. A se trouverait dans une situation de précarité, le requérant n'établit pas être dans l'incapacité de pouvoir se loger dans le parc privé. Par ailleurs, la situation de suroccupation alléguée n'est pas établie au regard des dispositions précitées de l'article R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation, M. A occupant actuellement un logement d'une superficie de 26,75 m² avec son épouse et leur enfant. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'en estimant qu'au regard de sa situation patrimoniale il ne pouvait être considéré comme prioritaire pour l'attribution du logement pour lequel il candidatait, la commission d'attribution des logements de Paris Habitat-OPH aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'office public de l'habitat Paris-Habitat.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
La magistrate désignée,
K. de SchottenLe greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris avec les collectivités territoriales, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2410122/6-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2501792
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision de la Ville de Paris lui réclamant le remboursement d'indus de RSA. Le juge a estimé que les arguments du requérant, notamment sur l'usurpation d'identité par son neveu ou l'absence de communication du rapport d'enquête, n'étaient pas établis ou ne remettaient pas en cause la légalité de la procédure de contrôle. La demande de remise gracieuse de la dette a également été rejetée, le tribunal considérant que les conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles n'étaient pas remplies.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509174
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation de M. B... contre la CAF de Paris et la Ville de Paris. Le tribunal a jugé que la suspension des versements de prestations par la CAF était légale, fondée sur l'article L. 583-3 du code de la sécurité sociale en raison d'incohérences dans la déclaration des ressources du requérant. Il a également estimé que les fautes alléguées dans la gestion du dossier n'étaient pas établies et qu'aucun préjudice direct et certain n'était démontré.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2421429
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation d'un détenu estimant avoir subi un préjudice moral du fait de cinq fouilles intégrales. Le tribunal a jugé que ces mesures, justifiées par le comportement de l'intéressé, son profil (condamnation pour terrorisme) et les nécessités de sécurité, étaient conformes aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire. Il a également estimé qu'elles ne constituaient pas un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
06/03/2026