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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2410196

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2410196

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2410196
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, Mme A B demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le directeur général délégué de l'établissement public du musée du quai Branly-Jacques Chirac a refusé de renouveler son contrat à durée déterminée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au musée du quai Branly-Jacques Chirac, de prolonger son contrat dans la limite de deux années sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du musée du quai Branly-Jacques Chirac la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- la condition d'urgence est remplie en ce que la décision attaquée a pour conséquence de préjudicier gravement et immédiatement à sa situation dès lors qu'elle entraîne la perte de son emploi lui causant un préjudice moral, professionnel et financier ;

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors que les motifs la justifiant sont vagues et stéréotypés ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique dès lors que la décision constitue une discrimination directe en raison de son handicap ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que la décision de non renouvellement de son contrat a été prise pour des motifs étrangers à l'intérêt du service ; aucun projet de réorganisation du service ou de disparition de son activité n'a été porté à la connaissance du comité social d'administration de l'établissement public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, le musée du quai Branly-Jacques Chirac, représenté par Me Alibert, conclut à l'irrecevabilité de la requête et à son rejet. Il demande également de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requérante n'a pas présenté de requête au fond ;

- la décision attaquée ne revêt pas le caractère d'un acte faisant grief ;

- la suspension de la décision attaquée ne peut impliquer nécessairement à titre de mesure d'exécution la prolongation de la validité du contrat ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que, ne bénéficiant pas d'un droit au renouvellement, elle devait s'attendre à ce que le contrat prenne fin à l'issue du terme convenu ; elle ne démontre pas en quoi la décision porte atteinte à ses intérêts financiers ; elle remplit les conditions pour bénéficier d'allocations chômage ;

- les moyens ne sont pas fondés ; la décision attaquée n'est pas au nombre de celles devant être motivées ; la décision est justifiée par l'intérêt du service dès lors qu'est établie l'insuffisance de la requérante dans sa manière de servir ; la publication d'une offre d'emploi similaire à celui qu'occupait la requérante n'est pas constitutive d'une discrimination à son égard.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2410194 enregistrée le 23 avril 2024 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 7 mai 2024 à 10h en présence de Mme Chakelian, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport et entendu :

- les observations de Mme B,

- les observations de Me Alibert, représentant le musée du Quai Branly.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est agent de médiathèque en contrat à durée déterminée depuis le 21 novembre 2022 au sein de la médiathèque de l'établissement public du musée du quai Branly-Jacques Chirac. Le 26 mars 2024, lui a été notifiée une décision l'informant du refus de renouveler son contrat à durée déterminée à compter du 30 avril 2024, date d'échéance de ce dernier, pour des raisons liées à l'intérêt du service. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le directeur général délégué du musée du quai Branly-Jacques Chirac a refusé de renouveler son contrat.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

3. Les moyens invoqués par Mme B à l'appui de sa demande de suspension, tels qu'ils sont analysés dans les visas, ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence. Par ailleurs et dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le musée du quai Branly-Jacques Chirac sur le fondement de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La demande présentée par le musée du quai Branly-Jacques Chirac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au musée du quai Branly-Jacques Chirac.

Fait à Paris, le 14 mai 2024.

Le juge des référés,

L. GROS

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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