vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2410542 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 24 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Benachour Chevalier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative territorialement compétente, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour permanent portant la mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il présente des garanties de représentation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;
- les pièces qu'il a présentées au soutien de sa demande ne présentent pas de caractère frauduleux ;
- il ne représente pas une menace à l'ordre public ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur de droit car la communauté de vie avec son épouse française n'a pas cessé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, le préfet de police, représenté par la Selarl Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- et les observations de Me Benachour Chevalier pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 26 janvier 1994, bénéficiaire d'un certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'une ressortissante française, a sollicité le 23 février 2023 la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans. Par un arrêté du 27 mars 2024, le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " () le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2), et au dernier alinéa de ce même article. ". Aux termes de l'article 6 du même accord : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux. ".
3. Pour refuser la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans à M. B, le préfet de police s'est fondé sur l'absence de communauté de vie effective entre M. B et son épouse, révélée, selon lui, d'une part, par la production d'une facture Free et un relevé EDF falsifiés, d'autre part, par une enquête de police diligentée pour vérifier la situation de l'intéressé, ayant mis en évidence que ni lui ni son épouse ne résidaient à l'adresse déclarée, à savoir au 72 avenue de Wagram à Paris.
4. Cependant, d'une part, alors que le préfet de police n'a pas produit en défense les documents prétendument falsifiés, M. B communique quant à lui des pièces de nature à établir que le couple résidait à l'adresse commune à la date de l'arrêté attaqué, et notamment une facture EDF en date du 18 septembre 2023, une facture Free en date du 2 décembre 2023, une attestation d'ouverture de compte bancaire en date du 21 juin 2023, toutes libellées au nom des deux époux et à leur adresse déclarée, les déclarations de revenus du couple pour les années 2022 et 2023, l'attestation d'assurance de leur logement valable jusqu'au 30 septembre 2023, une attestation de leur bailleur datée du 3 mai 2024 selon laquelle le couple occupe le studio n° 19 au 72 avenue de Wagram à Paris depuis le 1er septembre 2020 et une déclaration sur l'honneur du gardien de leur immeuble qui atteste des mêmes faits.
5. D'autre part, alors que le requérant conteste fermement les conclusions de l'enquête de police, en tant qu'elle se fonde sur les seules déclarations d'un membre de sa famille présent à son domicile, dont la capacité à comprendre et à s'exprimer en langue française n'a pas été vérifiée, le préfet de police n'a pas produit le rapport de cette enquête, qui constitue pourtant le fondement principal de l'arrêté attaqué, malgré la mesure d'instruction diligentée en ce sens par le tribunal.
6. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que, en estimant que la communauté de vie entre époux n'était pas établie pour refuser de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, le préfet de police a entaché d'illégalité l'arrêté attaqué. Par suite, il y a lieu d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. Marzoug
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2410542/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026